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CHAPITRE III

LA CHIAJA

— Si vous voulez me le permettre, Excellence, je me chargerai de tout à la douane.

— J'ai mon passeport et mes clefs, répondis-je.

— Je parle des gratifications à distribuer aux

douaniers. Pour cinq carlins, vous ne voudriez pas voir vos caisses au pillage.

A peine, en effet, ma malle était-elle ouverte que le douanier le plus rapproché me tendit la main, et mon nouveau domestique de place lui remit deux carlins.

— Vous en deviez donner cinq, lui dis-je.

— Excellence, j’en ai déjà payé trois à monsieur l’inspecteur, reprit-il.

Un de mes compagnons de voyage donna pareille-

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ment cinq carlins. Mais il avait dans une caisse séparée les éditions les plus autorisées des classiques latins, et dans une autre une collection de vues d’Égypte et de Grèce. C’était de conséquence. Il offrit encore de l’argent, proposa de laisser ses dessins et ses livres à la douane, pendant son séjour à Naples ; rien n’y fit. Chacune de ses caisses fut soumise à l’examen d’une commission, composée de trois prêtres.

Cependant un fiacre m’entraîna bientôt sur les dalles du quai, parmi des mendiants, des soldats, des galériens, des religieux, et entre des corps de garde munis de canons, des églises toutes semblables, et des théâtres fort différents. L’arsenal seul me frappa néanmoins 5 je le pris d’abord pour le bagne, en en voyant les cours, où plongent les fenêtres du château royal, remplies de forçats. Et ce n’est pas là un rapprochement défavorable à la monarchie napolitaine-, le galérien est l’un des plus heureux habitants de Naples. Mieux vêtu que son père et son frère, s’ils ont évité la police, que de fois les doit-il voir ambitionner son pain!

Je ne sais même si la bonne condition des galériens n’a pas contribué à me faire regretter dans les Deux- Siciles plusieurs politiques et économistes, plusieurs gens se titrant de la sorte au moins 5 car maintenant qui ne prend quelque titre? On a peine souvent à reconnaître le nom de ses amis. La liberté détruit l’ordre, ébranle le pouvoir, renverse les fondements de la société, affirment les premiers. Pareillement la

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phrase la plus ordinaire des seconds, c’est que, l’industrie engendrant la misère, les progrèsdu dénûment se mesurent surtout aux développements de la production. Pourquoi donc ces politiques et ces économistes ne Yont-ils pas à Naples?

Là, point de conseils, point de chambres, point de contrôle. Un seul journal s’y publie, et s’en tient au récit des nominations officielles ou des fêtes royales. Si deux gazettes étrangères y pénètrent, on ne les lit que tous les huit jours, quand la censure le permet '. Personne n’y parle des actes du gouvernement, à moins de les approuver. Les lettres y sont décachetées. Il n’y a point d'écoles populaires, et les autres, bien qu’en mains sûres, demeurent très-surveillées. Nul étranger enfin n’y séjourne sans un permis de la police, fourni, contre payement, sur la caution de son ambassadeur.

Comme tout ainsi dans cette ville est prévu et soigneusement réservé ! Quelle attention à n’y point laisser la nation dévier du droit chemin, par la diffusion des lumières, l’usage de la discussion, la facilité des communications! De quelle heureuse façon tout ensemble l’autorité s’y applique-t-elle, par l’examen des correspondances, à s’informer des pensées et des désirs des sujets ! C’est le triomphe des principes de gouvernement, tels qu’on les conçoit d’ordinaire. Le souverain y croit même inutile de parler, comme

1 Au Café de l’Europe, seul endroit public où ce soit possible.

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Auguste, de la dignité du sénat ou de son respect des institutions, et n’y recherche jamais, comme César, de ces élans d’opinion qui se montrent ailleurs en des sens si contraires.

Néanmoins , il faut à Naples une garnison de 20,000 hommes, dont 14,000 Suisses. De nombreuses familles en doivent être exilées. Des prisons et des bagnes l’environnent de toutes parts. Les postes y sont armés. La bastonnade — on a pensé à tout — y figure parmi les moyens d’instruction judiciaire *. Le maintien de l’ordre et l’estime des gouvernants n’y sauraient être autrement assurés, dit-on; et contradiction nouvelle et non moins étrange, notre dernière révolution y a eu son écho, ainsi qu’à Berlin, à Rome et à Vienne, loin du calme où reposaient Londres, La Haye et Bruxelles. Il n’y a pas, malgréTacite, que l’inconnu qui puisse surprendre. Siérait-il donc de croire à l’explication qu’on donne le plus généralement des deux révolutions d’Angleterre, et de se rappeler, même en Italie, sous quelles institutions s’étaient élevées les générations françaises de 1792 et de 1793? J’engage de nouveau les politiques dont je parle à visiter les Deux-Siciles. Presque tous aussi bien jouissent d’assez beaux revenus, pour que les dépenses d’un voyage leur soient faciles.

Ce n’est pas, d’ailleurs, que j’accuse les despotes. L’économie politique a ses théories sur la forme des gouvernements: sous le contrôle des faits, je les étu-

1 Elle était employée au moins très-récemment.

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die. Et à ceux qui les condamneraient, je rappellerai qu’au sein des périls ou des crimes, le droit, les franchises,- la justice ont seuls encore paru des sauvegardes. L’histoire de France surtout, depuis près d’un siècle, est la preuve qu’il n’est que des barrières qui, selon un mot célèbre, empêchent les révolutions. Pour accuser les despotes, je suis en outre trop enclin à les plaindre. S’ils ne sont tenus qu’à donner aux peuples leur caprice pour loi ; s’ils ne reçoivent pas d’avis, moins encore de refus 5 s’ils se disent, et parfois se croient les représentants de Dieu sur la terre, lorsqu’ils songent à Dieu, comment en une position si différente des autres hommes, ne mépriseraient-ils pas, en effet, je ne dis point leurs courtisans, chose après tout supportable, mais l’humanité entière, cause assurée d’excessive tristesse? La misanthropie d’Alceste ou l’orgueil de Sylla leur est inévitable, et se peut-il imaginer rien de plus éloigné du bonheur?

Je défie même d’être despote un jour, si l’on n’a sur ses sujets les opinions, les dédains les plus bizarres. Car faire de la pensée et du travail des droits domaniaux et royaux , comme on disait autrefois, n’est-ce pas décider qu’ils ne sont point le fait naturel des hommes qu’on gouverne? C'était, je l’assure, le sentiment de Charles IX lorsqu’il se vantait de bien jouer son jeu, et de savoir le latin de son aïeul Louis XI. Quel sourire de pitié eût également effleuré les lèvres de Louis XIV et de Philippe II, pour parler des siècles passés, sans remonter trop haut, si quelque prédica-

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teur leur eût rappelé notre commune origine ou notre égale destinée! Lui auraient-ils même permis d'affirmer que chacun possède quelque droit inviolable, est doué d’une chose nommée honneur, et d’une autre appelée conscience? Quid enim interest , molu animi sublato , non dico inter hominem et pecvdem, sed inter hominem et saxum, aut truncum , aut quidvis generis ejusdem, dit Cicéron. On se donne toujours raison quand on cite du latin. Malheureusement je ne pouvais, à Naples, espérer de voir le sourire ou le mécontentement du roi des Deux-Siciles près d’une chaire; il n’y en a pas dans l’église royale de San Francisco de Paolo. L’ordonnance du monument s’y oppose probablement.

On le sait , Montesquieu trouve des défauts aux « hommes à qui leurs cinq sens disent qu’ils sont tout et que les autres ne sont rien : » la paresse, l’ignorance, la luxure. Tacite en trouve à ceux qui les servent : Omnia serviliter... J’allais encore parler latin. Mais je m’en tiens pour les premiers à répéter qu’ils ne sauraient estimer qu’eux-mèmes. Ainsi, Louis XIV, puisque je viens de le nommer; et je préfère m’autoriser des rois : les tribuns me donneraient trop facilement raison ; ainsi Louis XIV se plaisait dans la société de la duchesse de Bourgogne. Elle avait le don de l’égayer quand il revenait de promener dans les camps ses maîtresses en voiture de gala. Pourtant, après une fausse-couche et presque mourante, de quel air la vit-il plaindre par sa cour à Fontainebleau, où, malgré sa grossesse, il l’avait

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forcée à l’accompagner ? S’il s’intéressait également à la France, l’en a-t-il moins ruinée pour construire Versailles et Marly? A-t-il hésité à sacrifier ses alliances, toute sa politique, pour intervenir en Angleterre, après avoir servi Cromwell; afin d’envahir la Hollande, avant d’en être chassé ; ou pour sembler triompher à Madrid? Et n’a-t-il pas décimé sa population, parce qu’elle était en partie protestante, tandis qu’il violentait la papauté et opprimait l’Église ?

Quant à Philippe II, il aimait, lui, la princesse d’Eboli. Son amour était même si vif, qu’il fit pour elle assassiner Escovedo. Un peu de chanvre ne gâte jamais une affaire, disait Richard III ; mais rappelezvous ce qu’il en advint. Malgré sa passion aussi pour l’Espagne, avec quelle tranquillité continue-t-il la lecture de ses heures, dans la stalle de l’Escurial, en apprenant la défaite de ses armées ! Il ne manifeste pas alors plus d’émotion, tant il est attentif aux psaumes, qu’en ordonnant le meurtre des moines du Portugal. Ce futur héritier du monde enfin, ainsi qu’il s’était entendu nommer à son avènement, meurt, laissant, comme Louis XIV, ses États avilis et ruinés. C’est presque là chose de tradition pour les souverains absolus.

Il serait facile, à la vérité, d’en nommer dont les dernières paroles ont été l’éloge de la paix, de la liberté et du dévouement. Mais quelles nouvelles tristesses ressortent, à l’appui de mon opinion, de cette condamnation à leur mort de tout leur passé ! Seuls

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peut-être leurs peuples se doivent plaindre plus qu’eux; car il n’est pas jusqu’à la prospérité matérielle, et je tiens naturellement à cette remarque, qui n’ait disparu partout où ont été promulguées des lois arbitraires. Leur effet le plus sûr, c’est encore la misère. C’est que l’homme est l’agent principal de la production, le capital par excellence, et ces lois abaissent, énervent infailliblement ses facultés, son activité, ses désirs. Je reviendrai plus spécialement sur ces résultats dans un autre chapitre ; j’envisage dans celui-ci le fait même du despotisme, et je veux parler de l’Italie.

Chaque jour, le roi de Naples se rend à la Chiaja. S’il prolonge sa promenade, il dépasse Pausilippe et suit de nouveau la mer. Dans cette course, il voit l’arsenal dès la sortie de son palais ; au détour de Sainte-Lucie, les prisons de l'Œuf et de Saint- Elme ; au delà de Pausilippe, les cachots de Nisida, la forteresse de Baïa, le bagne de Procida, et lorsqu’il revient, il découvre encore, à travers les ombres du soir, les galères de Portici. Naples est bien gardé. Mais que peut-il dès lors apercevoir de la tombe de Virgile, des maisons de Cicéron et de Jules César, du mont Falerne, de la grotte de la Sibylle, du lac Averne, des ruines des temples d’Apollon, de Diane, de Vénus et de Mercure, du golfe de Baïa, du Styx, de l'Achéron, du cap Misène? Que peut-il répéter des odes d'Horace sur le Falerne, des vers de Virgile sur la descente d’Enée aux enfers par l’Averne , des stances de Lamartine sur Baïa , du

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départ de Pline du cap Micène pour l’éruption du Vésuve ? II marche comme enveloppé de plaintes et de haines-, son esprit et son cœur s’en pourraient-ils distraire? Vraiment il faut savoir être compatissant.

Jugeant en outre les hommes mauvais, puisqu’ils n’ont aucun égard à leurs croyances et s’opposent à leurs désirs, les souverains absolus inclinent forcément à s’entourer de médiocrités. Leurs ministres seront d’autant moins nuisibles, pensent-ils, qu'ils seront plus incapables, et ils font ensuite leur choix. Aussi ne vous étonnez pas qu’en Europe personne n’ignôre les noms des ministres anglais, tandis qu’on ne peut, au delà de Caserte, nommer les ministres de Naples. Mais la logique est plus déplaisante encore qu’elle n’est implacable -, il en faut toujours revenir là. Car se prétendre infaillible, comme c’est de nécessité dès qu’on n’admet aucune opposition, et devoir remettre l’exécution de ses desseins à des ignorants, je m’en tiens à ce mot, à des gens du moins tenus pour tels, quoi de plus fâcheux ?

Et comme tout s’enchaîne ! Le rôle de ces ministres eux-mêmes est loin d’être à souhaiter. Chargés surtout de tenir la nation éloignée de ses affaires, ils doivent, de leur côté, en afficher le mépris ; or, rien ne les autorise à s’y méprendre, ils sont, à Naples, de la nation napolitaine. A la fois, dès que leur maître a décidé, il leur faut se mettre à l’œuvre, semblât-elle impossible : risque au fait à courir lorsque aucun avis n’est entendu, que nulle discussion n’est soufferte. Seulement personne ne les peut

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accuser, ne leur saurait causer préjudice; combien c’est commode et que c’est tentant! L’un des plus célèbres historiens de la Grande-Bretagne écrivait récemment : Depuis le siècle dernier, aucun de nos premiers ministres n’est devenu riche dans sa charge 1 . Je ne sache pas d’historien qui en dise autant des ministres d'un État despotique ; ils paraissent tous penser, lorsqu’ils en parlent, au testament de Mazarin. Dans ses Principes d’économie politique , Mill a pareillement des pages curieuses touchant les mœurs administratives de ces États, et sur l’influence qu’elles exercent par rapport au travail et à l’épargne. La Russie, la Turquie, l’Autriche et Naples lui fournissent ses exemples.

Les ministres prennent aussi parfois leur revanche avec les souverains dont je parle. Saint-Simon fait à ce sujet un récit intéressant : on ne lit plus assez ses Mémoires. Le roi venait de s’emporter contre Louvois pour une fenêtre de Trianon, dit-il; celui-ci rentre chez lui désespéré. « Je suis perdu avec le roi, à la façon dont il m’a traité pour une fenêtre, s’écriet-il à Saint-Pouange, à Viliacerf, à Nogent et aux Tillaret, qui l’attendaient. Je n’ai de ressource qu’une guerre qui le détourne de ses bâtiments et qui me rende nécessaire, et par... il l’aura. » La guerre de 1688 éclata bientôt après effectivement contre l’Espagne, la Savoie, l’Angleterre, la Hollande, l’Autri- . che, une partie de l’Allemagne et la Suède. Ce Louvois

1 Macaulay, History of England, vol. I, ch. 3.

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était un homme de ressources; et, pour moi, je n’entendrai jamais parler à l’avenir de l’autorité des rois absolus, sans penser aux douaniers de Naples. Le moyen d’ailleurs pour un ou quelques hommes de tout savoir, de tout diriger! Il faudrait au moins qu’ils n’eussent jamais de migraine.

Par malheur, sur ce point comme sur tant d’autres, chacun disserte à sa façon, en vue de ses intérêts, de ses usages, peut-être de ses entours, sans chercher, ce qui serait pourtant excusable, la vérité. Or la vérité, est-ce la ruse ou l’examen, le caprice ou le droit, l’échafaud ou la persuasion ? Si la liberté se peut voir reprocher des excès, ce que je ne conteste pas, quel excès cependant lui attribuerai t-on qui ne fût un acte de tyrannie ? C’est ce qu’on oublie toujours : chaque action faite au nom de la vertu estelle donc vertueuse? Il faut une première assise, une base aux sociétés, et l’on n’en trouvera jamais d’autres que le droit ou la force; seulement, en faisant son choix, il est nécessaire de ne se pas méprendre sur l’époque où l’on vit. Ah ! les habiles logiciens, qui vantent aujourd’hui le pouvoir absolu, sans découvrir même que le piédestal de Charles IX et de Henri III est aussi le piédestal du Comité du salut public et du Directoire ! Mais où vais-je m’engager?

Et je m’aperçois que je raisonne en donnant aux mots leur sens jiaturol; ce qui n’est pas toujours bon. « Octave, dit Montesquieu, établit l’ordre, c’éstà-dire une servitude durable; car dans un État libre où l’on vient d’usurper la souveraineté, on appelle

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règle tout ce qui peut fonder l’autorité sans bornes d’un seul; et on nomme trouble, dissension, mauvais gouvernement, tout ce qui peut maintenir l'honnête liberté des sujets. » A bien d’autres époques même on est enclin à découvrir aux mots une signification nouvelle ; toutes les ressources du commentaire y sont employées, l’histoire y sert autant que l’induction scientifique. Comment oublier, par exemple, ce censeur du siècle dernier qui déclarait un livre hérétique parce qu’il enseignait qu’un mets ordinaire des jours maigres se peut accommoder au gras ?

Mais je n’ai plus à nommer maintenant ceux qui, habiles ou non, réussissant ou échouant, me paraissent le plus à plaindre. Et qu’importe d’entendre dire que l’imprévu charme, que le hasard séduit, et que loin de tout conseil et de toute surveillance, il n’est aucune règle? L’ignorerait-on depuis la splendeur du couvent de Yuste : La fortune n’aime que les jeunes gens '. Toute pente est rapide en effet, et celle où nul obstacle n’existe le semble surtout. Bien plus, il ne sert de rien qu’on lise dans Le Prince — il me faut bien réfuter les autorités, et pourquoi me refuserais-je, par excès de singularité, à penser avec la tête des autres. — Il ne sert de rien, dis-je, qu’on lise dans Le Prince : « Il faut au maître d’un État déterminer et exécuter d’un coup toutes les rigueurs qu’il doit commettre, pour n’avoir pas à y. revenir chaque jour, et pouvoir, en évitant de les renouveler, ras-

1 Paroles de Charles-Quint.

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surer les esprits et les gagner par des bienfaits 1 ? » Si cela gêne aujourd’hui, ceci ne gênera-t-il pas demain? Et les parents des premières victimes! Et les adversaires des premières injustices! Machiavel aurait dû citer au moins quelques exemples. Dans son apologie du bourreau, M. de Maistre était réellement plus judicieux.

1 Machiavel, Le Prince. Sa phrase exacte est : Celui qui usurpe un État, doit déterminer, etc.

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