‹ Voyage dans l'Afrique AustraleChapitre 18 sur 65 · T. IL · texte numérisé non relu

T. IL

iuer ua bœuf) (m peut être assuré que l'urgente néeessité a pu seule la conduire à cet acte. Somme toute, là hyène est au lion, au léopard, à la panthère, ce que le vautour estÀTaigle.

L'Àcronotw hmata^ nommé par les boors bastoardbaart-beeêt^ en raison de ses rapporte avec la bubale, Anl. bubalm, ou Acronotm coama^ se ^voyait le plus communément dans le rayon de notre chasse : aussi était-ce lui qui alimentait presque chaque jour notre cuisine. Cet animal était alors en parfait état de graisse, ce qai allait fort à mes gens, bien que cette graisse fût un suif blanc et très-solide qui se figeait à tranrformer en chandelles nos moustaches et nos barbes. Chaque jour nous en abattions plusieurs, et, comme de coutume^ les plus beaux individus passaient immédiatement dans mes collections.

Ses allures sont celles du caama, mais il est moins rapide à la course; il est également moins défiant. Le caama ne se tient que dans les plaines ouvertes, où il peut prouver son extrême agilité. Le lunata leur préfère les terrains qui présentent çà et là des mimeuses. Rarement il se hasarde dans les forêts où les arbres se rapprochent trop. Sa tête, quoique longue^ Test moins que celle du caama i il y a aussi chez lui moins d'exagération dans la position et dans la tournure de ses cornes : elles rappellent deux croissants. Leur plus grande longueur, chez de vieux mâles, est de 30 centimètres en ligne droite, et de 39 suivant la courbe; elles comptent dix anneaux. Les femelles en

portent également. Le pdage de cette espèce est de la eouleur que les naturalistes sonteonvraus d'appeler powprée. Il est voisin de celui de VcMfrom; mais, à quelque distance, il présente des reflets comme ai^ntés. Il est facile d'en juger encore en inspectant les peaux sèches que j'en ai rapportées. Les jambes et la tête se teignent d'une couleur plusïoncée, presque noire; le ventre pâlit; la queue se compose de crins noirs.

On le trouve pour la première fois en venant de Natal, sur les bords de Vaal-Rivier, mais il y est devenu rare. Sur le bords d'Oury on le rencontre presque partout par troupes de sept à quinze individus. C'est encore un animal que l'homme pourrait facilement conquérir; il passerait assurément de l'état sauvage à l'état domestique sans grandes difficultés. Sa chair est bonne sans être fine; son suif serait recherché pour sa qualité de solidité et pour sa blancheur, exactement comme celui du buffle. Sa peau, comme cuir, serait comparée à celle du caama, si désirée par les conducteurs sud -africains pour l'employer en mèches de fouet : ce qui équivaut à dire que pas un animal de l'Afrique australe ne possède un tissu aussi solide.

Tandis que mes gens se répandaient dans le pays plat, battant les bois et les clairières, afin de fournir continuellement à notre cuisine de nouveaux quartiers de viande bien choisie, comme encore pour me rapporter têtes et peaux d'individus parfaitement adultes, j'allais souvent fureter sur une croupe pierreuse et longue, à arête aiguë,

se prolongeant près d'une lieue jusqu'à atteindre le sommet des montagnes ses voisines. L'oreille et l'œil toujours tendus, rien n'échappait à mon attention. Un jour, comme je me prenais à jurer contre l'^et des pierres anguleuses et tranchantes qui, coupant ma cha.ussure, m'abimaient les pieds, quelque chose de vivant vint à se remuer dans le feuillage d'un petit arbre. Naturellement je songeais à des oiseaux; je m'approche avec précaution, puis je m'arrête à distance. Le même mouvement se répète; j'entrevois un corps brun, et au même instant part mon coup de fusil, sous lequel d^ngoleun daman; sept, huit, dix de ces quadrupèdes descendent à la file en poussant un petit cri, se hâtant beaucoup; puis tous disparaissent entre des roches.

J'étais fort heureux de cette circonstance, qui parait de peu d'intérêt sans doute ; mais sans elle j'eusse ignoré longtemps que le daman monte facilement aux arbres, dont il aime le feuillage, et qu'il se comporte même sur leurs branches avec une agilité et un aplomb peu ordinaires.

Le klip-springer se rencontre aussi presque toujours où vivent les damans. J'y en vis quelques-uns que je tuai, mais que je ne préparai pas, parce que cet animal n'est pas rare dans les environs du Gap, et que son poil tombe si on ne le laisse se refroidir avant de le transporter. Alors il faut sacrifier au moins deux heures d'attente pour que la contraction ait pu s'opérer à un point suffisant; et puis,

à dire vrai, ce qui découragera toujours le préparateur, c'est l'incroyable quantité de poil qu'il laisse se détacher en tombant, conmie cdle encore qu'enlève la balle. Il parait que la commotion produite par le coup reçu en plein corps suffit même pour déterminer la chute d'une grande partie de son pelage. Ainsi l'un d'eux tomba raide mort sur la même pierre oîi il s'était perche, et je ne crains pas d'affirmer qu'une livre de son poil se détacha instantanément.

Je vis planer à de grandes hauteurs dans ces montagnes un oiseau de proie que les boers nomment groot-bergaarendy grand aigle de montagne. C'est tout ce que j'en eus, car il ne me fut jamais donné de l'avoir à portée.

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