Mark of king Dingaan
Witneiêes:
M. OosTHuisEN Marao + 6^®^^ counsellor;
A.-C. Greylîng Juliavius + d^
R.-J- LiEBENBERG MaNONDO + d**
La cession de territoire était connue de tout le monde; le titre seul manquait, et ce fut dans une occasion aussi solennelle qu'il fut retrouvé. Sans aucun doute, si TafiSûre
des boers était portée au tribunal des nations^ ces hommes obtiendraient justice; ils jouiraient en liberté d'une terre bien et dûment cédée et acquise tout d'abord et reconquise ensuite au prix de leur sang. Hais la loi qui régit les bétes est, à ce qu'il parait, la seule aussi qui ré* gisse les nations; les canons au cœur de fer sont aujourd'hui les seuls juges compétents reconnus par elles. Il est triste de songer qu'il en soit ainsi, car quelle ressource peut encore sourire au cœur de la nation faible, opprimée? Un jour peut-être viendra, moins loin qu'on^ne lé pense, où la liberté surgira pour les boers, dont le noyau grandissant est destiné à porter ses ramifications du Gap à l'équateur.
En janvier 1840, une dernière expédition partit de Pieters-Mauritz*Burg, envahit le pays des Âmazoulous, chassa Dingaan au-delà de ses limites, oh le despote fut tué par les Ama-Souazis, ses ennemis naturels. L'expédition ramena encore 40,000 têtes de bétail, après avoir établi Panda à la place du tyran abattu. J'ai donné les détails de celte expédition dont j'avais fait partie.
Ainsi venaient d'agir les boers quand se montrèrent à nu les prétentions du gouvernement britannique, prétentions reposant sur l'abandon fait à lui parla Hollande de toutes ses possessions de l'Afrique du Sud. Hais il est notoire que jamais aucun point du territoire de Natal n'avait été colonisé par la Hollande;
Afin de prouver sa bonne foi, le gouvernement anglais
ojii ceux qui défendaient sa cause devant le tribunal de l'o* pinion publique, exhibèrent un document par lequel on peut entrevoir que l'Angleterre seule se réservait la surveillance de tout le pays situé jusqu'au 25^ degré de latitude sud. Mais cette pièce^ complètement inutile sous ce point de vue, est tout au moins fort bonne pour prouver la stupidité des philanthropes exclusifs^ indiquer d'une façon irrécusable dans quelles voies d'injustice ils couraient» poussés par un fanatisme aveugle, et certifier en dernier lieu quel'Jynglelerre n'a nul droit sur ces contrées. Ce curieux document trouve naturellement ici sa place. U parut sous le titre suivant:
The cape of Good Hope Punishment Bill. Anno sexto et septimo Guliehni IV, régis; cap. LVII. Acte pour prévenir et punir les crimes commis par les sujets de Sa Majesté dans le cercle de certains territoires adjacents à la colonie du cap de Bonne-Espérance (13 août 1836).
M Considérant que les habitants des territoires adjacents à la colonie du cap de Bonne-Espérance, situés au sud du SI5® degré, sont encore dans un état de non-civilisation; que des offenses contre la personne et la propriété de ces habitants et d'autres sont fréquemment commises avec impunité sur ces territoires par des sujets de Sa Majesté; dans le but d'y porter remède, il a été arrêté par la très-excellente majesté du roi, par et avec l'avis et le consentement des lords spirituels et temporels et des conununes, dans le
présent parlement assemblé, et par l'autorité du même, que les lois qui sont présentement ou qui seront ensuite en vigueur dans la colonie du cap de Bonne-Espérance, pour la punition des crimes Là commis^ seront et de même sont par ceci étendues et déclarées applicables à tous sujets de Sa Majesté dans tous territoires adjaeents à ladite colonie, lesquels sont au sud du 35^ degré de latitude sud, et que tout crime ou offense commis par tous sujets de Sa Majesté dans ces territoires, en contrarention de toutes semblables lois, pourra être connu dans toutes sembla^ blés cours et sera sujet à instruction, procès et poursuites, et, sur couTiction, puni de telle et de même manière que si le crime avait été commis dans le rayon de ladite colonie; « Considérant qu'il est nécessaire d'empêcher aussi kÂn que possible que des crimes soient commis par les sujets de Sa Majesté dans le rayon des territoires mentionnés, et de prendre des mesures pour arrêter, détenir et amener en justice ceux des sujets de Sa Majesté qui auraient commis de semblables crimes; pour cette cause, il a été résolu qu'il sera loisible au gouverneur de ladite colonie de s'adressera un ou plusieurs sujets de Sa Majesté résidant au dedans, ou sur les limites des susdits territoires, pour en former une ou plusieurs commissions qu'il autoriserait à exercer dans ces territoires l'office de la magistrature^ afin d'y empêcher la perpétration de tous crimes ou offenses par des sojets de Sa Majesté, et afin d'arrêter, mettre sous garde et amener en jugement devant les cours
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mentionnées plus haut tout sujet de Sa Majesté accusé avec des preuves suffisantes , devant lesdites commissions, de crimes ou offenses perpétrés dans lesdits territoires. ' « Il sera encore loisible au gouverneur de ladite colonie de faire définir par lesdites commissions, avec toute la précision possible, les limites locales dans les rayons desquelles sera exercée et jusques auxquelles sera étendue la Juridiction de tels magistrats, et que dans les limites définies, comme il vient d'être dit, tout magistrat aura l'exercice et la jouissance de tout pouvoir et autorité sur les sujets de Sa Majesté, habitant ou se trouvant dans les mêmes lieux, comme il en aura été revêtu spécialement par de telles commissions, pourvu toutefois que les commissions ne confèrent de tels pouvoirs et autorités que lorsque de semblables mesures auront été reconnues d'urgente nécessité pour l'accomplissement du but proposé, plus haut mentionné, avec promptitude et résultats.
« Et de plus il a été arrêté que toutes commissions, telles que celles dont il vient d'être fait mention, seront instituées pour agir seulement durant le bon plaisir de Sa Majesté, et durant ce temps le gouverneur de ladite colonie sera et est, par ceci, chargé et requis de transmettre à Sa Majesté, par la première occasion, une copie des actes de ces commissions, après l'avoir préalablement adressée à l'un des principaux secrétaires d'Etat de Sa Majesté, à l'effet de recevoir son approbation ou sa défense.
a Et de plus il a été arrêté que rien en ceci, ou dans
quelque commission ou commissions de ce genre que ce soit^ ne s'étendra ou ne sera propre à s'étendre, à investir Sa Majesté, ses héritiers ou successeurs, à aucune réclamation ou titre que ce soit, à la possession ou souveraineté sur aucuns des territoires mentionnés, ou à déroger des droits des tribus ou peuples habitant ces territoires, ou des chefs ou gouverneurs, ou prétendre à une telle souve^ raineté ou possession.
i< Et de plus il a été arrêté et déclaré que, pour la résolution de cet acte, toute personne légalement administrant le gouvernement de ladite colonie sera jugée et prise pour représenter le gouvernement dans ces vues. »
La lecture de ces actes suffit pour prouver que, sous Guillaume lY, l'ingleterre ne voulait pas de la possession de ces contrées; elle reconnaissait alors n'y avoir aucun droit. Et depuis cette époque, bien que ses vues aient changé, elle n'a pu en acquérir aucun; il lui serait donc impossible de produire des titres qui fussent valables, si elle était appelée à rendre compte de ses actes, que pas une nation ne songe ou n'ose se permettre de contrôler pour tout ce qui regarde l'Afrique du Sud.
On peut se convaincre encore de la bizarrerie de l'idée qui dicta ce même acte, en observant que toutes garanties étaient données aux Cafres contre les blancs, tandis que les blancs n'en avaient aucune contre les Cafres: Ainsi, des trafiquants ou voyageurs blancs pouvaient être assas-
sinés par les CajEres, sans que oenx*ci fussent passibles des peines qui attendaient à leur retour les blancs qui eussent commis des crimes analogues. Il y aTait une justice sévissante contre les uns, lorsqu'elle n'existait pas pour les autres; c'est une desphis singulières dispositions qui soient émanées du cerveau des philanthropes, tellement préoccupés du bonheur des indigènes qu'ils ne voyaient plus qu'eux dans cette partie du monde.
Heureusement que la stupidité d'une telle mesure paralysa l'idée de la mettre en vigueur, et personne n'eut à se plaindre de ses effets, par cela même qu'elle était de toute injustice et de pratique impossible. Définir la parallèle du 25^ degré latitude sud eût été une première difficulté qui eût pris beaucoup de temps, d'argent et d'honunes peut-être, parce que des philanthropes, malgré leur amour excessif des populations noires, ne sont souvent pas mieux traités par elles que si leurs sentiments vrais ou faux s'étaient montrés diamétralement opposés : ce n'est presque toujours, en pareil cas, qu'ime stricte justice.
Comment encore eùt-on pu amener les témoins à se déplacer autant pour venir déposer devant les cours reconnues compétentes? Ces magistrats paysans allant instruire une affaire chez les Cafres, n'était-ce pas aussi une dérision? Confier le soin de la justice au premier venu, souvent inepte, lui accorder un pouvoir indéfini sur ses voisins durant le temps que dure le bon plaisir de Sa Majesté, tout cela parait assez n'être qu'une lourde rêverie britan:
nique sortie d'un cer?eau philanthrope dont l'estomac digérait alors.
Il n'est aussi que trop vrai que la plupart des hommes appelés par leur position k régir des colonies ne connaissent pas à fond le caractère dominant des différentes races que la faveur et quelquefois la disgrâce a placées sous leur tutelle. Souvent ces hommes se hâtent beaucoup trop dans le choix d'un système, et comme un pis-aller ils adoptent celui vers lequel les pousse une association influente, dont ils ont tant à redouter en cas d'opposition ou de simple refus d'adhésion. De là vient que tout marche mal; il est même de toute impossibilité qu'il en arrive autrement.
Sir Benjamin d'Urban, lui qui suivit franchement et de tout son pouvoir une ligne de conduite qui prenait à cœur les intérêts coloniaux, sans vouloir prêter l'oreille aux réclamations des hommes à système, sir Benjamin d'Urban, pour avoir acquis la popularité par des moyens droits et justes, a TU ses acles désapprouvés par son gouvernement et son poste donné à un autre.
Il était naturel que sir Geoi^es Napiar, qui lui succéda, ne suivit pas la même voie, s'il tenait à se maintenir au gouvernement. H n'eut pas, du reste, beaucoup d'^orts à faire, parce qu'il était l'homme dont le caractère convenait le mieux à servir les vues de toute association dite philanthropique. Sir Georges Napi^ agit donc dans le sens du docteur Philip; il protégea les missionnaires, donna raison aux bastaards et aux Cafres, insulta aux boers, dé*
daigna même les settlers anglais, et ne salua que le haut commerce de cette droite et raide manière qui dénote un aristocrate anglais.
Sir Gèoi^es Napier se maintint sans peine durant les cinq années de son gouvernement, par cela seul qu'il avait su se faire détester de l'immense majorité des habitants de la colonie du Cap. Aussi fut-il prôné en Angleterre conune un digne et habile gouverneur; et lord Stanley lui-même, quoiqu'il ne partageât pas exactement les idées de sir Georges Napier, quoiqu'il lui eût témoigné sa dissidence d'opinion en plus d'une circonstance, lord Stanley fut obligé de se ranger à l'opinion de la métropole et de complimenter l'ex-gouvemeur du Cap sur sa bonne, prudente et philanthropique administration.
Dans tout cela, moi qui n'ai pas fait une longue étude d'économie politique, je me suis étonné à bon droit de la désapprobation d'ici, qui là-bas valait une complète approbation. Seul je n'eusse point résolu le problème; maïs j'appris ensuite que le gouvernement anglais ne s'appartenait pas à lui-même; qu'il dépendait d'une association immense dont les rameaux couvrent le monde, celle qui empoisonne par civilisation, celle-là même qui a empoisonné la Chine, association délétère à laquelle tout obéit, laquelle a pour pendant à Rome la trop célèbre secte de Loyola. L'égoisme le plus prononcé sert de moteur à cette puissante société, et si l'accord règne entre elle et les gouvernants, c'est que ceux-ci vivent par elle. Si cette société
rencontre quelque assentiment en Angleterre parmi l'aristocratie, c'est que l'intérêt de l'aristocratie anglaise est étroitement lié au sien ; si le peuple anglais adopte sans hésiter les vues de la société, c'est parce que lui-même participe aux bénéfices.
Mais la métropole seule recueille les fruits d'un semblable système; les colonies, riches sources sans doute, portant sans cesse leur tribut à cette mère qui engloutit tout, les colonies pâtissent d'énormes sacrifices qui ne rapportent rien. Elles se fatiguent, sont inquiètes, et quand elles jettent ailleurs un regard, le désespoir le plus accablant les gagne; car pour elles hors du commerce anglais point de salut.
C'çst pourquoi les colonies anglaises ne consentent pas à séparer leurs intérêts de ceux de la métropole par une révolution; rien ne les tient, rien ne les force à l'obéissance que la nécessité où elles sont réduites. Tout cela doit durer jusqu'au jour où l'Angleterre, occupée de guerres sérieuses, . ne pourra plus opérer ses échanges avec ses colonies ; alors croulera l'édifice sur tous les points, et de toutes les puis** sances l'Amérique est la seule dont la situation lui permettra de recueillir les riches débris du grand naufrage.