Agassiz, Lake superior, p
8. La découverte d'un pleur otomaire , vivant dans les eaux de la Guadeloupe, est un fait réeent et infiniment curieux à ajouter aux précédents. Les pleurotomaires sont des mollusques marins, qui n'avaient été rencontrés jusqu'ici qu'à l'état fossile, dans les terrains secondaires et notamment dans la grande formation oolitique. Déjà le genre pholadomie , trouvé il y a quelques années aux Antilles , avait excité , par les mêmes considérations, un vif intérêt chez les naturalistes.
4. Poey, Memorias sobre la hist. nat. de la isla de Cuba, t. I, p. 273 et 438.
doués des facultés locomotives les plus complètes; aussi leur existence se développe-t-elle rarement dans un cercle borné , comme celle des animaux dont j'ai parlé précédemment. Parmi les cent vingt- neuf espèces observées dans l'île de Cuba par M. de la Sagra, vingt-sept seulement sont indigènes; le reste appartient également au continent voisin, et même, comme la poule d'eau, se retrouve jusque dans l'ancien monde. La pintade, introduite jadis par les Espagnols, a fini par se naturaliser complètement; elle se plaît dans les savanes entrecoupées de bois , et surtout dans le voisinage des plantations, où elle trouve plus facilement à se nourrir. C'est un excellent gibier qui coûte moins cher que la volaille sur le marché de la Havane, où on la rencontre de temps en temps avec une perdrix, une alouette et un pigeon à tête bleue fort joli1.
Les historiens espagnols qui nous ont laissé quelques renseignements sur les productions naturelles de Cuba au temps de la conquête, comptaient dans l'île, sans parler du chien, six espèces de mammifères, tous, à l'exception d'un seul , de l'ordre des rongeurs : le hutia, le quemi, le mohuy, le cori, le guabiniquinar et Yayre2. Jusqu'à présent, on n'a retrouvé que quatre de ces quadrupèdes3: le mus porcellus, les capromys Fournieri etPoeyi, et le solenodon paradoœus. Quant à la concordance entre leurs noms scientifiques et ceux qu'ils portaient dans la langue du pays, il est fort difficile de l'établir, la description qui nous en est restée étant sommaire et incomplète.
Le mus porcellus de Linné est un petit mammifère du genre cobaye, naturalisé depuis plusieurs siècles en Europe, où il est connu sous le nom vulgaire de cochon d'Inde. J'ai fait mention , dans le chapitre précédent , du capromys Fournieri , la seule espèce que j'aie vue de mes yeux, vivant sur les arbres, au bord des rivières de la Vuelta de abajo. Cet animal a la chair noire, d'un goût analogue à celle du lapin, lorsqu'on lui a fait perdre l'odeur
1. Col. cyanocephala Gm. Espèce particulière aux Antilles, ainsi que la C. leucocephala Gm. On connaît huit espèces de pigeons dans File.
2. Oviedo, Hist. gen. de las Indias, 1. xn, c. \, et 1. xvn, c. 4.