‹ Voyage dans l'Amérique Centrale, l'île de Cuba et le YucatanChapitre 20 sur 96 · Le C. prehensilis Popp. est encore une espèce douteuse · texte numérisé non relu

Le C. prehensilis Popp. est encore une espèce douteuse

forte et désagréable dont elle est imprégnée; on le vend sur le marché de la Havane. Le capromys Poeyi se plaît dans les lieux montagneux et habite les cavités des rochers ; il diffère du précédent, non-seulement par ses habitudes, mais par la nuance de son pelage et par une particularité de sa queue, dont l' extrémité n'est pas dénudée inférieurement. Tous deux ils se nourrissent de fruits, de feuilles, d'écorce et de lézards auxquels ils donnent assidûment la chasse; ils ont l'activité de l'écureuil, se dressent comme lui sur leurs pattes de derrière et saisissent les aliments pour les porter à leur bouche.

Le plus curieux de ces petits mammifères est le solcnodon paradoxus que M. Brandt a fait connaître en 1834, d'après un spécimen provenant d'Haïti; plus tard, M. Poey l'a retrouvé dans l'île de Cuba , et c'est à ce savant que nous sommes redevables des renseignements les plus complets que nous possédions sur la conformation de cet animal et sur ses mœurs. Le solenodon est un insectivore carnassier, de la section des musaraignes, et de la taille d'un jeune lapin ; son museau se termine en une trompe longue et flexible dont il se sert pour fouir le sol , à l'instar de certains pachydermes; il a la queue nue et écailleuse comme le rat, les ongles saillants, le corps recouvert d'un poil fauve, noirâtre sur le dos et susceptible de se hérisser. C'est un animal nocturne, vivant de lombrics, de larves et d'insectes, qu'il cherche sous les pierres et dans les troncs d'arbres pourris ; on ne l'a rencontré jusqu'ici que dans les montagnes de Bayamo 4.

L'absence de grands mammifères sur le territoire de Cuba , où Ton n'en trouve pas même de débris fossiles , n'est point favorable à l'hypothèse d'un voyageur illustre qui suppose que le cap Saint- Antoine a dû se rattacher jadis au Yucatan, et qui introduit dans l'île par cette voie les pins dont sont peuplées les savanes de la région méridionale2. Si la géologie peut hasarder une semblable conjecture , la botanique et la zoologie ne la confirment pas : le

1. Poey, Mem. sobre la hisl. nat. de la isla de Cuba, t. I, p. 23 et 433.

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