‹ Voyage dans l'Amérique Centrale, l'île de Cuba et le YucatanChapitre 27 sur 96 · Herrera, Dec. IV, 1. x, c. 3 tt · texte numérisé non relu

Herrera, Dec. IV, 1. x, c. 3 tt

3. Voyez l'histoire de Valdivia dans W. Irving, Voyages of the comparions of Cotombus, t. I, p. 281. Édit. Baudry.

« Ils mangeaient quelquefois leurs prisonniers, dit Herrera, quoiqu'ils ne fussent pas aussi grands mangeurs de chair humaine qu'à Mexico. i » Enfin , une autre chroniqueur, contemporain du père Gogolludo, affirme que cette pratique n'était pas inconnue des Itzas, tribu originaire de la péninsule2. Mais aucun de ces écrivains ne nous fait assister au spectacle des hécatombes humaines qui affligeaient d'un deuil perpétuel l'empire de Montézuma.

L'art de transmettre et de perpétuer les faits au moyen de peintures hiéroglyphiques et même de caractères symboliques consacrés à l'expression des idées, était connu au Yucatan comme au Mexique; les ruines de Kabah, de Kewich et de Chichén-Itza, en gardent de précieux témoignages, qui ont échappé aux ravages du temps et au fanatisme de la conquête 3 ; indépendamment des légendes gravées sur la pierre et sur le bois, il existait chez les Mayas de véritables livres, où étaient figurés la marche des saisons, les animaux, les plantes utiles et la topographie de la contrée. Quelque imparfaites que fussent ces ébauches, elles constatent un premier succès dans les efforts de l'intelligence humaine pour se dégager des langes qui l'enveloppent à son berceau A. Enfin l'éducation de la jeunesse se complétait dans des écoles où l'on confiait à sa mémoire tous les faits relatifs à l'histoire du pays, les poésies nationales, les recettes médicales, la somme enfin des connaissances acquises, dont le dépôt se conservait ainsi par une tradition continue.

La civilisation du Yucatan se rattachait encore à celle de l'Anahuac par une particularité essentielle, qui, même isolée, semblerait concluante : je veux parler de la méthode usitée par les deux peuples pour mesurer le temps, et de la rédaction de leurs calendriers, qui différaient seulement par de légères nuances de détail5. Us avaient la même année solaire de 365 jours, divisée d'abord en

1. « Algunas veces se lo comian, antique los de Yucatan no fueron tan grandes comedores de carne humana. » Herrera, Dec. IV, 1. x, c. 4.

2. Villagutierres , Hist. de la conquista del Itza , 1. v, c. 8.

3. Stephens Travels, 1. 1, c. 17, p. 406; t. II, c. 4, p. 74, et c. 17, p. 292.

Page 1