‹ Voyage dans l'Amérique Centrale, l'île de Cuba et le YucatanChapitre 30 sur 96 · Stephens Travels, t. II, c. vir, p · texte numérisé non relu

Stephens Travels, t. II, c. vir, p

l'architecture1, furent justement appréciés des anciens écrivains espagnols, qui ne peuvent s'expliquer comment de pareilles œuvres avaient été fondées, dans un pays dénué de toute espèce de métaux. Mais il est hors de doute que le cuivre et l'étain fournissaient aux Mayas, par leur alliage, une ressource presque aussi précieuse que le fer. « Les Indiens du Tabasco, dit Bernai Diaz, portaient tous des haches de cuivre très-brillantes que nous prîmes pour de l'or et dont nous acquîmes bon nombre par échange2. » En trois jours, les soldats de Grijalva en réunirent plus de 600. Ces armes et les outils de même matière dont se servaient les artisans, étaient sans doute importés du Mexique, où l'on rencontre abondamment le cuivre et l'étain qui manquent au Yucatan. Il est étonnant qu'aucun objet de cette nature n'y ait été recueilli de nos jours.

Nous possédons peu de renseignements sur le régime politique des Mayas. Les Espagnols trouvèrent la péninsule divisée en plusieurs petites principautés qui portaient des noms différents, et qui étaient l'apanage de caciques indépendants. Aucun lien politique ne les rattachait l'une à l'autre, quoique les chefs eussent agi souvent de concert et combattu sous la même bannière contre l'ennemi commun ; mais déjà la constitution du pays avait éprouvé un changement considérable : l'unité monarchique en avait disparu, à la suite de révolutions intestines, dont il subsiste encore des traces, non-seulement dans l'histoire, mais sur le sol de la contrée.

Le voyageur qui traverse la plaine au sud de Merida, peut remarquer une éminence conique et isolée que l'on aperçoit à trois lieues de distance; c'est un monument religieux, appartenant au temps passé. Quatre escaliers gigantesques, dont on retrouve encore les vestiges, conduisaient au faîte de ce monticule, d'où la vue plane sur une campagne solitaire, parsemée de débris, de fragments de sculpture, de colonnes renversées, à demi cachées par la végétation. Ce sont les ruines de Mayapan, siège de l'autorité souveraine au temps de la monarchie yucatèque. Ceinte d'un fossé dont on peut

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