B. Diaz,c
2. La ville de Merida, poufme borner à un exemple, a été construite en partie aux dépens des anciens monuments indigènes , et le couvent actuel des Franciscains occupe la place
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conquérants, et dont le nombre effrayait l'imagination , suivant l'expression cTHerrera *. Or, il serait facile de démontrer, par une comparaison raisonnée des ruines du Yucatan et de celles de Palenque, que les monuments dont elles perpétuent le souvenir avaient un même caractère architectonique ; qu'ils étaient ordonnés selon les mêmes principes et construits d'après les mêmes règles de l'art. i,e plan des édifices, leur base pyramidale, l'absence de voûtes, la forme particulière des plafonds, le mode de couverture, l'emploi du stuc et de la peinture dans la décoration , les bas-reliefs sculptés sur place2, la ressemblance des symboles hiéroglyphiques, dénotent chez les architectes, jusque dans les moindres détails, une conformité d'idées, de goût et d'origine, dont l'expression a pu varier selon l'époque et le besoin, sans perdre son caractère primitif et éminemment national* On ne saurait méconnaître davantage l'analogie qui relie ces débris à ceux des monuments du Mexique attribués par la tradition aux Toltèques 3. Cette étude comparative , qui ne saurait être poussée plus loin ici , rend manifestes l'action et la prédominance d'une même race sur tout le territoire compris entre la cap Catoche et le plateau mexicain.
La question d'origine ainsi résolue, il est possible d'émettre quelques conjectures sur l'ancienneté de Palenque. Nous voyons effectivement les Toltèques, au milieu du vne siècle, en possession de l'Anahuac, où leur civilisation se développe paisiblement; plus tard, vers l'an 1052, ils abandonnent cette position et se répandent dans la direction du sud-est, c'est-à-dire dans les provinces actuelles d'Oaxaca et de Chiapa : il paraît assez naturel de rattacher à cette période la fondation de la ville qui nous occupe et de la considérer comme contemporaine de Mitla.
1. « En todas las provincias se han hallado tantos y tan grandes edificios de canteria que espanta. » (Herrera, Dec. IV, 1. x, c. 2. )