Ruines de Labphak, Palenque, Xochicalco
3. Que Ton compare aux temples de Mitla, par exemple, les ruines de Zayi, de Tuloum et de Chunchurn, on retrouvera non-seulement le caractère simple et noble de l'architecture toltèque, mais jusqu'aux colonnes qui ont émerveillé les savants. (Stephens, t. Il, p. 17, 21 132,413.) '
On sait que la migration toltèque s'avança jusqu'au Guatemala et jusqu'au Yucatan, où avec sa culture elle introduisit son architecture nationale et son goût pour les monuments pyramidaux, constructions gigantesques, empreintes d'une grandeur indigène, et sans analogie avec celles de l'Egypte. L'histoire se tait sur l'état de la péninsule à cette époque ; nous ignorons si elle comptait déjà des habitants; comme on n'en retrouve aucune trace, il est permis de supposer que la nationalité toltèque absorba, s'il en existait, les éléments qui lui furent étrangers. Ainsi, la ville de Mayapan, qui, deux siècles plus tard, devint la capitale d'une société bien ordonnée, remarquable par la douceur de ses mœurs et par la sagesse de ses institutions, fut l'œuvre, vraisemblablement, du peuple intelligent auquel sont attribués les monuments de J'Ànahuac.
Ici vient se placer un récit d'Herrera, qui permet d'ajouter quelques conjectures aux faibles renseignements que la tradition nous fournit : « Tandis que les habitants de Mayapan, dit-il, vivaient dans un parfait accord, arriva du côté du sud, des hauteurs du Lacandon, une population nombreuse que l'on tenait pour originaire du Chiapa, et qui, après avoir erré pendant quarante ans dans la solitude, finit par se fixer à dix lieues de Mayapan, à la base des montagnes, où elle construisit de très-beaux édifices, se soumettant aux lois et aux coutumes du pays 4. » Quels pouvaient être ces étrangers dont l'invasion porte un caractère pacifique, qui pratiquent les arts de la paix, se propagent sans obstacle et se confondent enfin avec la population de la contrée? Ils appartenaient évidemment à une tribu déjà cultivée, qui se rattachait sans doute par quelques liens de parenté à celles du Yucatan. Qui sait si ces émigrés, en quête d'une nouvelle patrie, originaires des montagnes où gisent aujourd'hui les ruines de Palenque, n'étaient pas les habitants de cette même cité, qu'une catastrophe avait détruite, comme Mayapan le fut plus tard? L'événement trouverait alors sa place entre les années 1250 et 1420, dates de la fondation et de la ruine de Mayapan.