Herrera, Dec. l\r, 1. x, c
Assurément ces dernières inductions sont très-hypothétiques. Je ne prétends pas leur attribuer d'autre valeur que celle qui naît d'un rapprochement curieux ; il n'en est pas ainsi des conclusions dont j'ai posé les bases et que je vais déduire brièvement : si l'on considère l'analogie incontestable qui rattache les anciens monuments du Mexique aux ruines de Palenque et ces dernières à celles du Yucatan ; la position géographique de ces débris, échelonnés sur le trajet de l'émigration toltèque et portant un caractère d'antiquité d'autant plus prononcé qu'ils sont moins éloignés de son point d edépart, on en conclura que ces différents travaux furent l'œuvre d'unmême peuple, qui construisit successivement Tula, Mitla, Palenque, Mayapan et tous les édifices aujourd'hui ruinés de la péninsule. Les Indiens du Yucatan , les Mayas , n'auraient pas eu d'autres ancêtres1 ; cette présomption est encore fortifiée par l'ancienne culture du pays, où la douceur des mœurs et de la religion ne fut altérée qu'à la longue et par l'influence des Aztèques2. Au surplus, la race toltèque ne s'est pas éteinte davantage au Guatemala, où elle constitue, dans la région des montagnes, une population laborieuse, industrieuse et fière, qui se glorifie d'une antique origine 3.
La situation de l'ancienne Palenque était merveilleusement choisie. De ces hauteurs aujourd'hui couvertes d'un impénétrable taillis, mais qui furent couronnées d'édifices dont la magnificence n'est point imaginaire, l'œil embrassait la plaine et s'égarait sur une succession infinie de pentes et de forêts jusqu'à la plage lointaine de Catasaja ; le prince , depuis la tour de son palais, dominait la cité et découvrait ce vaste horizon ; il pouvait surveiller les mouvements d'un ennemi et les progrès de la prospérité publique qui se développait autour de lui ; et nul doute que ces solitudes n'aient retenti de tous les bruits qui sont l'expression de la vie ; que ces temples ruinés n'aient vu la pompe des sacrifices; que ces degrés n'aient été foulés par des guerriers au costume fantastique, tels qu'ils nous
1. La destraction de Mayapan précéda de 70 ans seulement l'arrivée des Espagnols.