‹ Voyage dans l'Amérique Centrale, l'île de Cuba et le YucatanChapitre 48 sur 96 · Voir la note Gn°l, dans le second volume · texte numérisé non relu

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miration des philosophes du temps passé. Je doute qu'il en soit plus heureux; à coup sûr il n'en est pas meilleur. Un exemple entre mille donnera une idée de cette indifférence, qui rend même superflues les plus précieuses faveurs de la nature : le sol de San-Geronimo est éminemment productif; le cocotier y fructifie au bout de quatre ans; le manguier, dès la première année; Yalmemlro (badamier de Malabar) développe son feuillage verticillé à cinquante pieds dé hauteur, deux ans après avoir été semé; planter, ici, c'est jouir; et cependant on chercherait vainement dans la propriété un pied d'arbre fruitier, une seule plante comestible. La petite quantité de patates, d'ignames et de bananes qui s'y consomme est tirée de la Palizada; on mange de la morue quand le poisson fourmille dans les rivières et les lagunes ; de la viande salée au milieu de nombreux troupeaux, et l'on boit l'eau malsaine des marais, quand le forage d'un puits coûterait si peu d'efforts; telle est l'abnégation des habitants; leur vie se passe dans une abstinence rigoureuse de tout ce que nous appelons le bien-être. Si les Indiens de ces contrées sont tombés dans un état de dégénérescence qui permet de douter qu'ils aient joui d'une condition meilleure, on ne reconnaît guère mieux, chez les créoles espagnols, les descendants des conquérants, des hommes qui ont fondé Campêche et Merida , et qui aux richesses naturelles de l'Amérique ont ajouté les végétaux utiles de l'ancien monde. Cependant on trouve encore ici des noms fameux qui réveillent de grands souvenirs: à San-Geronimo, il y avait un Balboa, simple pâtre de la hacienda, qui n'avait pas perdu la mémoire de son ori- - gine, mais qui bornait son ambition , dans un pays illustré par ses ancêtres , à parcourir en liberté les bois , à poursuivre les chevaux sauvages et à surveiller les troupeaux.

L'histoire naturelle des régions basses, marécageuses et généralement couvertes où s'exploite le bois de Campêche, est peu diversifiée; les lagunes nourrissent des ampullaires, d'énormes anodontes et plusieurs unios dont un seul est véritablement curieux1.

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