‹ Voyage dans l'Amérique Centrale, l'île de Cuba et le YucatanChapitre 51 sur 96 · Bulletin de la Soc. géogr. de Londres, pour · texte numérisé non relu

Bulletin de la Soc. géogr. de Londres, pour

Hic, en 1678, 1693, 1777, 1810,1843 (le 21 février et le 8 mars) et 1853 4. Mais à l'extrémité orientale de Cuba, aux environs de Santiago^ on ressent des commotions presque tous les ans, tantôt pendant le solstice d'été et tantôt pendant celui d'hiver.

M. Poey, dans un travail récent, a appelé l'attention des savants sur la fréquence des éclairs sans tonnerre, qu'on aperçoit à la Havane, depuis le mois de juin jusqu'en octobre , au sein des cumulo -stratus isolés de l'horizon, depuis le coucher du soleil jusqu'à minuit et une heure du matin, lesquels se manifestent avec une intensité et sur une étendue d'autant plus considérables, que la chaleur a été plus forte pendant le jour. La région du ciel où ces météores apparaissent le plus fréquemment, correspond au S.-E. et au S.-O. ; puis, au N.-E. et au N.-O. Notre observateur a compté 110 éclairs sans tonnerre, dans un intervalle de dix minutes : et jusqu'à 44 dans la première minute. Il pense que le phénomène a lieu directement dans les nuages visibles, au lieu d'être, comme on l'a cru jusqu'ici, un simple reflet des éclairs produits par un orage plus éloigné. Il a constaté, en outre, un grand nombre de cas de tonnerre sens éclairs 2.

Notre jeune météorologiste s'est également préoccupé de l'apparition des étoiles filantes, notamment pendant les nuits du 9 au 11 août et du 11 au 15 novembre 1850; mais il n'a pu compter que de cinq à six de ces météores par heure , tandis qu'à New-Haven, aux États-Unis, trois observateurs , pendant la nuit du 9 au 10 août, en ont énuméré jusqu'à 400, dans un intervalle de deux heures et quart 3.

La situation de la Havane , merveilleusement placée sur les limites des zones torride et tempérée, pour l'étude des phénomènes atmosphériques, a fait naître depuis longtemps dans l'esprit de M. Andrés Poey le désir de fonder dans cette ville un observatoire météorologique ; espérons que les compatriotes du jeune savant comprendront l'importance d'études et de travaux, qui pour être purement spéculatifs jusqu'ici (la météorologie estime science toute nouvelle), n'en conduiront pas moins, un jour, à des applications utiles. Nous souhaitons également que l'administration coloniale, appréciant les efforts et la persévérance de M. Poey, que huit années de contrariétés et de dégoûts n'ont point découragé, accorde un concours effectif à son entreprise ; la création d'un observatoire météréologique à la Havane , non seulement serait profitable à la science , mais donnerait un nouveau relief à l'île de Cuba, qui produit sans doute de bon sucre et d'excellent tabac, mais qui, jusqu'à présent, est restée un peu trop en arrière du mouvement intellectuel et scientifique de l'Europe.

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