‹ Voyage dans l'Amérique Centrale, l'île de Cuba et le YucatanChapitre 62 sur 96 · Cor. cristatus, Boié · texte numérisé non relu

Cor. cristatus, Boié

guait-on quelques taches plus foncées qui marbraient confusément sa peau. Plus tard, exposé au grand jour, il prit une teinte de vert gris, qui se dégradait insensiblement vers l'abdomen, où elle passait au blanc ; mais j'observai que chaque soir, au coucher du soleil, il reprenait sa couleur primitive , qui ne s'éclaircissait complètement que sur les dix heures du matin. Excessivement lent, comme le caméléon , le corythophane demeure immobile pendant des heures entières; il est susceptible néanmoins d'émotions assez vives, et je l'ai vu s'élancer avec fureur à plusieurs centimètres du sol pour mordre un enfant qui le harcelait.

Le basilic à bandes1 appartient, comme l'espèce précédente, à la tribu des iguaniens; il est également rare dans les collections, où la même incertitude subsistait sur son pays et sa couleur. Le corps de ce lézard est parsemé de petits traits noirs sur un fond verdâtre passant au bleu, selon la direction de la lumière ; la tête est brune, marquée latéralement de deux lignes blanches qui s'étendent de la narine à la naissance du cou; la queue est annelée de violet, et l'abdomen d'un blanc livide. Une production cutanée, mince et triangulaire, qui s' élqve verticalement au-dessus de l'occiput, distingue le mâle de la femelle, et lui donne une physionomie spéciale. Le basilic est le fléau des jardins de Flores, où il attaque les fruits, les plantes potagères et particulièrement les tomates, dont il est trèsfriand. 11 court avec agifité sur les arbustes et sur les murs. Lorsqu'on le saisit, l'effroi le paralyse et le rend immobile ; mais il ne tarde pas à prendre à son tour l'offensive, met en œuvre toutes ses ressources, et mord avec colère les objets placés à sa portée.

J'ai peu de chose à dire sur les chéloniens du Petén* qui m'ont fourni cependant une espèce inédite2, et sur les ophidiens trèsnombreux dans le district, où l'on retrouve le redoutable trigonocéphale jararaca, que les indigènes nomment ici kancicib.

Le lac d'Itza nourrit quinze sortes de poissons, presque toutes particulières à ce grand réservoir. On prétend qu'à l'arrivée des Es-

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