‹ Voyage dans l'Amérique Centrale, l'île de Cuba et le YucatanChapitre 73 sur 96 · Vulpes tricolor, Guv.; tepescuinte des indigènes · texte numérisé non relu

Vulpes tricolor, Guv.; tepescuinte des indigènes

*m CHAPITRE XVIII.

rues planes de la ville, et en torrents celles qui suivent la déclivité du coteau. C'est un léger inconvénient pour la majeure partie des habitants, qui considèrent comme une superfluité toute espèce de chaussures. Au mois d'août, époque de mon séjour, le thermomètre centigrade marquait 15 degrés à huit heures du matin, 18 à midi, et 16 au coucher du soleil; les maxima et minima que j'observai durant cette période furent de 20 et de 11 degrés, dont la moyenne donne 15 degrés et demi pour la température du mois. C'est à peu près celle de toute Tannée. Je fus surpris, dans des conditions aussi favorables, d'entendre parler d'une maladie que l'on croit exclusivement inhérente aux pays chauds: la dyssenterie sévit à Coban pendant les mois de juillet et d'août ; elle frappe surtout la population indienne, qui ne sait lui opposer que des pratiques et une médication puériles; les ladinos se gouvernent mieux; indépendamment du régime, auquel ils ne négligent pas de s'astreindre, ils emploient avec efficacité, comme moyen curatif, l'écorce astringente de la grenade.

Le terroir du plateau est susceptible de donner des fruits et des légumes d'excellente qualité; on estime particulièrement les avocats et les injertos de Coban i. Mais l'industrie horticole a fait peu de progrès dans ces montagnes; nous ne vîmes guère, dans la saison où nous nous trouvions, que des oranges, des limas2, fruit aqueux dont le parfum est presque uniquement concentré dans l'écorce, et des grenadilles. La grenadille est une baie verte, de la grosseur d'un œuf, dont la peau lisse et coriace recouvre une pulpe gélatineuse, légèrement acidulée, rafraîchissante, fort agréable. Il n'est personne qui n'ait entendu parler de ces plantes grimpantes, qui décorent les jardins de l'Amérique tropicale, où la singularité de leur inflorescence leur a valu le nom de fleurs de la passion.

On m'apporta un jour une corbeille de fruits, semblables à de très petites pommes, et répandant une forte odeur de rose ; ces pommes roses, manzanas rosas, comme on les nomme dans le pays, pro-

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