Nom d'une espèce de singe
2. Le Consulado, institution d'origine espagnole, que les anciennes colonies ont conservé, est à la fois un tribunal de commerce et un conseil administratif, chargé de veiller à l'entretien des routes, à la navigation des rivières et à tout ce qui intéresse les progrès du commerce. Il a pour revenu, dans l'Etat de Guatemala, le produit de certaines amendes et 1/2 0/0 sur les importations.
parasites, toutes ces tiges sarmenteuses , grimpantes, volubiles, qui appartiennent aux pays chauds. Bientôt les pins se montrent de nouveau, d'abord mêlés aux mélastomes, aux mimosas et aux cassiers, puis seuls et dominant exclusivement sur les hauteurs. Ces alternatives singulières se succèdent jusqu'à une certaine distance de la côte où les conifères finissent par s'effacer sous l'exubérance des familles tropicales ; cependant on les retrouve encore à l'île de Guanaja , éloignée de douze lieues du cap de Honduras. 1 Cette persistance des pins qui , maîtres du terrain sur une étendue considérable, cèdent à regret la place aux palmiers et aux scita minées, est un fait curieux de géographie botanique.
Depuis les hauteurs du Mico, la vue plane vers l'est et vers le sud sur une nappe incommensurable de verdure ; c'est le district de Santo-Tomas, tel qu'il est sorti des mains du Créateur. Rien ici ne déguise l'étendue de la solitude; elle n'a, comme l'Océan, d'autres limites que l'horizon ; aucune lacune n'interrompt sa continuité ; la hache du bûcheron ne trouble pas son calme auguste, et l'acajou séculaire y tombe naturellement sur sa couche de feuillage , loin des regards du spéculateur européen.
En tournant les yeux dans la direction opposée, nous vîmes blanchir le lac d' Yzabal au delà des cimes planes de la forêt ; le ciel était d'un gris mélancolique et la rive lointaine à demi voilée par les vapeurs. Nous commençâmes à descendre les pentes de la montagne, et distinguâmes bientôt quelques maisonnettes , vision qui nous remplit de joie, comme celle du port après une traversée pénible. Le terme de nos épreuves était donc arrivé ! Plus de hasards, plus de soucis, plus de fatigues, l'Océan nous ouvrait une route large et facile, qui désormais nous conduirait au but sans incertitude, sans préoccupations, sans efforts.
Le Mico appartient à un rameau de la Cordillère qui court entre le Polochic et le Motagua, enveloppe la rive méridionale du lac,
1. L'île de Guanaja dut à cette particularité le nom à' Ile des Pins que lui donna Colomb, lorsqu'il y toucha à son quatrième voyage ; mais ce nom ne lui est point resté, et par un caprice de la postérité, il a été appliqué à YEvangelista du grand navigateur. Voyez T. I, C. v, p. 71.
et se termine à Santo-Tomas, au fond du golfe de Honduras. La hauteur de cette chaîne ne dépasse pas 1,000 à 1,200 mètres; la largeur est de cinq lieues au point où elle est coupée par la route. Ainsi les obstacles que rencontre la circulation ne résultent point , comme dans la Vera-Paz, de la grande élévation des montagnes, mais seulement de la nature argileuse du sol , de l'humidité qu'entretiennent les bois, de l'imperfection du tracé et du manque absolu d'entretien. Il est donc permis d'espérer que ces conditions changeront un jour avec les progrès de l'industrie nationale et le concours de l'élément européen.
C'est à dos d'hommes ou de mulets que s'effectue le transport des marchandises d'Yzabal à Guatemala, comme dans toute l'Amérique Centrale. Les Indiens portent, au- maximum, six arrobas ou 75 kilogrammes; on leur confie principalement les objets qui demandent des soins ou des ménagements incompatibles avec l'allure des bêtes de somme. La charge d'une mule se compose toujours de deux colis pesant chacun de 70 à ,80 kilogrammes; trente à quarante mules forment un atajo; un arriero en conduit cinq, et l'ensemble du convoi marche sous la direction d'un seul chef. Valajo ne fait guère plus de trois à quatre lieues par jour; en sorte qu'un trajet de 70 lieues environ , n'exige pas moins de trois à six semaines, suivant la saison. Avant l'amélioration de la route, il était même impossible de calculer la durée du voyage ; on se souvient encore à Yzabal, d'un convoi parti pour Guatemala en octobre 1822 , qui ne parvint à sa destination qu'en juin 1823 , après un laps de huit mois.
On donne aux mules, deux fois par jour, une faible ration de maïs , le matin avant le départ, et le soir au coucher du soleil. Cette distribution leur suffit avec l'herbe qu'elles trouvent à l'étape. Leurs conducteurs ne vivent pas avec moins de sobriété : des tortillas, rarement du tassao , des haricots et l'eau du ruisseau voisin , forment la base de leur régime. En arrivant à la station , ils commencent par abriter leurs charges, d'abord avec le bât des mules, puis avec des nattes et une couverture de laine ; ces précautions ne
suffisent pas toujours pour éviter lés avaries, mais il est rare que l'on ait un déficit à constater, car la fidélité, parmi les arrieros, est une vertu traditionnelle. Avant l'exécution des derniers travaux , il arrivait souvent que Yatajo perdît des mules ; les conducteurs déposaient alors sur le bord de la route la charge des animaux morts ou estropiés, la couvraient de branches d'arbres, et confiaient ce dépôt à la probité des passants. On assure qu'il était scrupuleusement respecté. Voilà, certes, un exemple de moralité publique que l'on doit admirer, car il est bien loin de nos mœurs. Les frais d'un transport si long et si pénible, sont nécessairement très coûteux ; on peut les évaluer, en moyenne , à 50 cent, par kilogramme d'Yzabal à Guatemala , c'est-à-dire à sept francs par tonneau et par lieue, dépense exorbitante, qui excède de beaucoup nos prix les plus élevés.
On trouve à Yzabal, où se termine la route du Golfe , de fréquentes, occasions pour Belize , d'où l'on peut gagner la Havane en profitant d'une goélette qui tous les mois effectue le trajet. La première chose dont je m'informai en arrivant, ce fut naturellement de mon passage : mais comment peindre le désappointement qui m'attendait? Par une coïncidence fatale , les paquebots anglais venaient de modifier leur marche, et les petits navires dont les mouvements correspondaient aux leurs, avaient quitté tous Yzabal pour n'y rentrer qu'au bout d'un mois! Les relations entre les deux ports demeurant ainsi suspendues, je me voyais emprisonné dans un pays triste et malsain , jusqu'à ce que le hasard ou le cours naturel des choses mît fin à ma captivité. Il fallut le bénéfice du temps pour m'amener par degrés à la résignation ; heureusement on attendait une goélette havanaise, et quoiqu'on l'attendît encore au jour de mon départ , cette circonstance n'en contribua pas moins à m'inspirer de la patience. Chaque matin , armé d'une longue-vue , j'interrogeais la solitude des eaux, et chaque soir je m'endormais avec une espérance nouvelle pour le lendemain. Bien des jours s'écoulèrent ainsi ; mais, comme je l'ai dit, le bâtiment ne parut pas, et l'on apprit plus tard qu'il avait fait naufrage sur la côte.
Yzabal est l'unique anneau qui rattache le Guatemala au monde