C’est, je crois, le hocco
Yura-
rarès.
avait dévorés. Il l’en accusa en la menaçant de la tuer, si elle n’avouait son crime. Il lui coupa d’abord le poil de la tête et allait la mettre à mort, lorsque la femelle de jaguar lui dit de l’épargner, quelle allait lui dire la vérité. Il était certain qu’elle avait mangé une personne, mais une personne morte de la morsure d’un serpent, qui se trouvait daus un certain trou quelle lui montra. Ce serpent tuait ainsi toutes celles qui sortaient de cet endroit. Pour avoir mangé un homme tué par un autre animal , Tiri dit à la femelle de jaguar : « Toi et toute ta caste vous vous nourrirez maintenant de ce que « les autres tueront % et il la changea en galli naço *. C’est pour cela que ces oiseaux ont la tête nue. Tiri appela une cigogne et lui ordonna de prendre et de tuer le serpent. Aussitôt il sortit du trou les Mansions, les Solostos, les Quichuas ou Incas, les Chiriguanos et toutes les autres nations connues des Yuracarès. La terre était peuplée : il allait paraître un homme roi de toutes ces nations. Tiri en eut peur et fit fermer le trou. Le point d’où le genre humain est ainsi sorti se trouve près d’une grande roche appelée Mamoré , à laquelle personne ne peut monter, et dont personne ne s’approche , tant les Yuracarès craignent un énorme serpent qui en garde l’entrée. Elle est située près du confluent des rivières Sacia et Sure, aux sources du Rio Mamoré.
Tiri dit à ces nations : «Il faut que vous vous divisiez et peupliez tous les « points de la terre, et pour cela je crée la discorde et je vous fais ennemis « les uns des autres. ’’ Au même instant il tomba du soleil beaucoup de flèches , dont s’armèrent principalement les Chiriguanos. Toutes ces nations se battirent pendant long-temps jusqu’à ce que Tiri les pacifiât , mais chacune se sépara, ayant des motifs de haine contre les autres, motifs quelle conservait toujours.
Ayant achevé sa tâche, Tiri ne voulut plus vivre dans ces forêts : il se décida à se rendre le plus loin qu’il pourrait, et pour savoir de quel côté la terre s’étendait le plus, il envoya à l’orient un petit oiseau qu’il avait élevé, et celui-ci revint de suite en partie déplumé. Il en conclut que la terre n’avait pas beaucoup d’étendue de ce côté. Il l’envoya au nord et l’oiseau revint comme la première fois; mais, l’ayant dirigé vers le couchant, l’oiseau resta très-longtemps absent et revint avec de belles plumes. Tiri pensa dès-lors qu’il devait aller vers ce point et disparut. Les Yuracarès disent qu’il n’est pas mort, qu’il ne mourra pas, et qu’en s’en allant il a. emmené plusieurs hommes, devenus immortels comme lui et rajeunissant lorsqu’ils vieillissent.