Du Rio Verde
3. ° Du Rio Serre , dont j’ai parlé à la description de Chiquitos1,
4. ° Du Rio Blanco , qui prend sa source au nord de Concepcion de Chi-
quitos, suit au nord-ouest, passe au Carmen et à Concepcion de Moxos, et va se réunir au Guaporé, près du fort de Beira. Il est navigable jusqu’à Chiquitos.
5. ° du Rio Ttonama , qui, sous le nom de Rio de San- Miguel, reçoit une grande partie des eaux de Chiquitos, s’unit au Huacaré , près de Guarayos, et suit parallèlement au Rio Blanco. Il s’incorpore au Guaporé, conjointement avec le Bio Machupo, près du fort de Beira. Son cours est partout navigable pour des bateaux à vapeur jusqu’à Chiquitos.
6. ° Le Rio Machupo. Cette rivière est formée d’un très -grand nombre d’afïluens, qui naissent au sein des plaines inondées : du Rio de San- Juan, déjà navigable à San -Pedro; du Rio Moocho ; du Rio Molino ; du Rio Machupo et du Rio Chananoca : tous réunis, lorsqu’elle passe auprès des missions de San-Ramon et de San-Joaquin. Le Pùo Machupo se joint d’abord au Rio Itonama et se jette avec lui, à peu de distance, dans le Guaporé, près du fort de Beira. Tous ces affluens sont navigables.
Le Rio Guaporé, ayant reçu tous ces cours d’eau, coule, à l’ouest-nordouest, jusqu’au moment où il s’incorpore au Mamoré, vers le 12.e degré de latitude sud.
Le Rio Mamoré se forme d’un très-grand nombre de rivières qui naissent toutes sur le versant oriental des Cordillères. En commençant par les affluens les plus orientaux, on compte:
\.° Le Rio Ivary, qui prend sa source dans les plaines inondées situées a l’ouest du pays des Guarayos, se dirige au nord-ouest;, reçoit, sur la rive gauche, le Rio Tico et le Rio San- Antonio , et va se réunir au Mamoré, un peu au-dessus de Trinidad de Moxos. Il serait navigable sur la plus grande partie de son cours.
2. ° Le Rio Grande , qui à lui seul réunit les eaux des provinces montagneuses de Chayanta, de Cochabamba, de Mizque et de Yalle Grande, descend ensuite dans la plaine de Santa-Cruz et se joint au Rio Piray, pour former le Rio Sara, au nord de la province de Moxos. Il est navigable jusqu’auprès de Santa-Cruz de la Sierra.
3. ° Le Rio Piray . Il naît dans les montagnes de Zamaipata, province de Yalle Grande, débouche dans la plaine de Santa-Cruz de la Sierra, passe près de cette ville, reçoit un grand nombre de petits affluens; puis, parallèlement au Rio Grande, suit au nord-ouest jusqu’à sa jonction à celui-ci, pour former le Rio Sara bien au sud du 15.e degré de latitude. U ne peut porter de grands bateaux qu’au temps des crues.
4. ° Le Rio Ibabo , qui a sa source dans la Cordillère orientale, à l’est du pays des Yuracarès, porte le nom de Yapacany, suit parallèlement au Rio Grande et au Rio Piray, jusqu’à s’unir au Rio Sara, quelques kilomètres au-dessous du confluent du Piray. Il est navigable sur la plus grande partie de son cours.
5. ° Le Rio Mamoré. Il naît à l’est du Rio Ibabo, dans les montagnes du versant oriental des Cordillères, au pays des Yuracarès. Il reçoit d’abord le Chimoré et court, dans la plaine de Moxos, au nord, quelques degrés à l’ouest. Cette rivière conserve le nom de Mamoré, en recevant toutes les autres de la province jusqu’au 10.e degré de latitude sud, où, après s’être mêlée au Béni, elle prend le nom de Rio de Madeiras. Elle peut porter des bateaux jusqu’au pied des Cordillères.
6. ° Le Rio Chaparé, formé du Coni, du San Mateo, du Paracti et de beaucoup d’autres, naît à l’ouest du Mamoré, sur le versant oriental de la Cordillère, au pays des Yuracarès, se dirige au nord et se réunit au Mamoré, au sud du \ 5.e degré de latitude sud. On peut y naviguer presque jusqu’au confluent du Rio Coni, c’est-à-dire au commencement de la plaine.
7° Le Rio Sécuri, qui lui-même est formé des rivières Chipiriri , Samucébété, Isiboro , Yaniyuta, Sécuri et Sinuta, toutes navigables jusqu’au pied des Cordillères, reçoit toutes les eaux du versant oriental de ces montagnes, du 68.e au 70.e degré de longitude occidentale, et s’incorpore au Mamoré au-dessus de Trinidad , au nord du \ 5.e degré de latitude.
8.° Le Rio Tijamuchi , qui naît dans la Cordillère orientale, à l’ouest des derniers affluens du Sécuri, reçoit le Rio Taricuri et traverse la plaine de Moxos, au nord-est, jusqu’au Mamoré, auquel il s’unit vers le 14.e degré de latitude, un peu au-dessous de la mission de San-Pedro. De grandes barques peuvent le remonter jusqu’au pied des montagnes.
Moxos.
Moxos.
9.° Le Rio Aperé. Il naît, à l’ouest du précédent, toujours des mêmes montagnes. Il reçoit le Rio de San-José, suit la direction du nord-est et se jette dans le Mamoré à moins d’un demi-degré au-dessous du Tichamouchi. 11 est également navigable fort haut dans son cours.
1 0.° Le Rio Yacumci. Il prend naissance encore à l’ouest du Rio Apéré dans la même chaîne, s’unit au Rio Rapulo , passe près de la mission de Santa-Ana et se jette dans le Mamoré, bien au nord du 14.e degré. On peut le remonter jusqu’à la fin des plaines.
\\.° Le Rio Iruyani. Il prend naissance dans la plaine, reçoit le Rio Bococa et vient se joindre au Mamoré au nord du 13.e degré.
Le Mamoré, ayant reçu ces onze principaux cours d’eau, se réunit enfin au 12.e degré au Rio Iténès ou Guaporé, et continue vers le nord jusqu’au moment où il reçoit le Béni. Alors il devient le Rio de Madeiras.
Le Rio Béni commence aux montagnes situées au nord-est de la Cordillère, dans les provinces de Cochabamba, de Sicacica, de Yungas, de Muñecas et d’Apolobamba. Il débouche dans la plaine vers le !4.e degré de latitude, reçoit ensuite, de l’ouest, le Rio Mapiri ou Caca , le Rio de San-José , etc. Il suit au nord jusqu’au 11.e degré, puis tourne au nord-est jusqu’à se réunir au Mamoré au 10.e degré.
Lorsqu’on envisage la province de Moxos sous le rapport de 1 ensemble de ses cours d’eau, on s’étonne de trouver, en prenant seulement le versant du Mamoré, qu’une surface carrée de 18 degrés ou 10,000 lieues soit sillonnée de trente-quatre rivières , navigables sur une grande partie de leur cours , tandis quelle n’a d’autre moyen d’écoulement que le Mamoré. Il résulte de cette disposition singulière, qu’à la saison pluvieuse, la plus grande partie des eaux de la province de Chiquitos, du centre de la Bolivia et du versant oriental de la Cordillère orientale, descendent à la fois, avec plus ou moins de force, dans le fond du bassin formé par la province de Moxos, où, ne trouvant pas d’issue facile, elles se repandent dans la plaine et causent des inondations périodiques dont peu de points sont exempts. Il s ensuit qu on peut, dans cette saison, parcourir toute la province en pirogue, en passant à travers les faîtes de partage qui séparent les rivières. Néanmoins, si, à la saison des pluies, de petites parties isolées sont seules à l’abri des inondations périodiques, et permettent l’élève des bestiaux et la culture, à la saison sèche, tout change d’aspect : les rivières rentrent dans leurs lits, des prairies magnifiques remplacent les marais, et la province offre alors partout son sol vierge à l’agriculture. Ses plaines sont un ensemble de prairies, dans lesquelles on
voit çà et là des bouquets de bois isolés, presque toujours assez élevés pour que les crues annuelles ne les atteignent pas.
§. 2. Généralités historiques.
•f Première Epoque. Avant l’arrivée des Espagnols.
Les premiers historiens qui ont écrit sur la province de Moxos, ont cité un très-grand nombre de nations distinctes; mais en les réduisant, par la comparaison des langues, à celles qui parlent seulement des dialectes distincts, je suis arrivé à les ramener à neuf. 1
\ .° Les Moxos, composés des Baures et des Muchoj éones , qui habitaient les plaines des régions sud de la province : c’était la plus nombreuse d’entre toutes ces nations.
2. ° Les Itonamas, peu nombreux, vivant au nord-est de la province, sur les rives du Rio de ce nom.
3. ° Les Canichanas, petite nation, habitant les bords du Rio Mamoré, près de San-Pedro actuel.
4. ° Les Movimas. Cette nation s’était établie près des rives du Rio Yacuma.
5. ° Les Cayuvavas. Elle avait ses villages à l’ouest du Mamoré, peu au-dessus du confluent du Guaporé.
6. ° Les lténes qui, encore sauvages, couvraient les rives du Guaporé ou Iténès.
7. ° Les Pacaguaras, qui se sont, dès les plus anciens temps, fixés au confluent du Rio Béni et du Mamoré.
8. ° Les Chapacuras , établis sur les rives du Rio Blanco, au nord de Chiquitos.
9. ° Les Marapas, fixés sur les bords du Rio Béni, dans la plaine.
Si l’on en croit les historiens, et surtout le père de Eguiluz2, le nombre des indigènes était alors bien plus considérable qu’aujourd’hui. Fixées sur le même point par suite de leurs croyances religieuses, les nations étaient divisées par villages, établis tant au bord des rivières, des lacs, que dans les bois ou au milieu des plaines, dont elles croyaient descendre. Pêcheurs, chasseurs, et surtout agriculteurs, la chasse chez les Moxos n’était qu’un délassement, la
1. Voyez mes recherches sur Y Homme américain, où toutes les nations citées ici sont décrites avec détails.
2. Relación de la mission apostólica de los Moxos (1696); petit imprimé de 67 pages.