‹ Voyage dans l'Amérique méridionale (volume 2)Chapitre 113 sur 240 · Voyez t. III , p · texte numérisé non relu

Voyez t. III , p

On comptait, de pins, sous ces premiers chefs, deux Alcaldes de familia (de familles) et deux Alcaldes del pueblo (du peuple). Ces huit juges composaient le Cabildo ou la municipalité , et portaient une canne à pomme d’argent.

La Familia ou les familles se composaient, pour chaque genre d’industrie, d’un Mayordomo (majordome) et de son second, qui marchaient après le maître de chapelle, et le sacristain en chef, comme à Chiquitos1. Il y avait les majordomes du college, des peintres, des charpentiers, des tisserands, des tourneurs, des forgerons, des orfèvres, des cordonniers, etc.

Le peuple {le Pueblo) se divisait en sections ou Parcialidades > chacune sous les ordres d’un capitaine et de son second. Ces capitaines commandaient les pirogues lors des voyages, et guidaient les soldats ou rameurs. Il y avait encore des Fiscales chargés des corrections, et un Alcalde de Estancia qui surveillait les fermes où l’on élève les bestiaux. Tous ces employés subalternes portaient comme insigne une baguette noire, et concouraient à former le collège ( Colejio ), qu’on réunissait dans les grandes occasions et toujours à l’époque des fêtes religieuses.

Si l’on juge de l’état industriel par ce qui en reste encore, malgré le manque complet de connaissances appropriées des curés et des administrateurs qui se sont succédé depuis l’expulsion des jésuites, on trouve que les habitans de Moxos étaient aussi avancés qu’on l’était généralement dans les villes espagnoles d’Amérique vers le milieu du siècle dernier. On y fabriquait des tissus fins de tous genres et beaucoup d’objets divers. Quant au costume, les hommes et les femmes portaient le tipoï de coton et les cheveux longs. Les vêtemens étaient fournis par la communauté. Pour le travail en commun aux champs et dans les ateliers, tout se passait comme à Chiquitos : on laissait les Indiens cultiver des champs particuliers.

Les heures de prières étaient bien plus multipliées qu’à Chiquitos. On y avait introduit aussi la coutume en usage au Pérou de faire danser devant les processions des Indiens déguisés 2. En décrivant les excès des pratiques religieuses actuelles des Indiens Moxos , pendant la semaine sainte, j’avais pu croire que ces abus avaient été établis par les curés après l’expulsion des jésuites ; mais en lisant la description des cérémonies de cette époque, en usage vers la fin du dix-septième siècle, je trouve qu’au sermon de la passion, le Vendredi saint, les Indiens se donnaient des soufflets, de grands coups dans la poitrine,

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