III. i.re part. Jq
Moxos.
Moxos.
Les abus devenaient intolérables; mais parmi les gouverneurs espagnols, muets témoins de cet état de choses, sans y pouvoir remédier, un homme osa élever la voix. Don Lazaro de Rivera présenta successivement des mémoires à l’audience de Charcas, et fit enfin, en 1789, adopter son nouveau plan de réforme, qui consistait à laisser aux curés le pouvoir spirituel, tandis que l’exploitation industrielle de la province serait confiée, dans chaque mission, à un administrateur séculier, chargé de suivre les anciennes règles établies par les jésuites. Ce nouveau réglement prohibait le commerce sous les pemes les plus graves. Les Indiens étaient plus esclaves qu’ils ne l’avaient jamais été; au lieu d’un maître absolu, ils en eurent deux, dont les continuels discords et la mauvaise conduite amenèrent la perte des missions. Néanmoins la première année de ce réglement la province fournit encore à l’État 40,000 piastres ou 260,000 francs de revenus.
Animé des sentimcns les plus liberaux, 1 intendant de Cochabamba, Don Francisco Viedma b voulut soustraire à l’esclavage les habitans de Moxos. Il demanda l’affranchissement de cette province et sa soumission aux lois qui régissaient le reste des possessions espagnoles du nouveau monde; mais l’audience de Charcas maintint le règlement de Rivera, qui encore aujourd’hui (1852) sert de guide aux administrateurs.
Si, d’un côté, la mesure prise par l’audience de Charcas a déterminé la conservation des missions de Chiquitos et de Moxos* 2, elle fut, de 1 autre, la source de tous les désordres, par suite de la rivalité des pouvoirs religieux et séculiers, et du peu d’instruction des mandataires de toutes les classes.3 Des employés avides surchargèrent, dans leur intérêt particulier, les indigènes de travail, et les revenus baissèrent de plus en plus pour lEtat, qui ne donna plus le nécessaire à l’entretien des missions et les outils pour
les ateliers. La province ne fit que végéter.
Les premiers gouverneurs, pris dans la marine royale, tentèrent néanmoins encore quelques améliorations: ainsi, sous Zamora, en 1/92, on divisa Magdalena pour former San-Ramon4; en 1794 on fonda la mission
!. Viedma, Informe, etc., p. 142, §. 505.