Voyez t. III, p
. L incendie de San-Pedro a détruit des vocabulaires manuscrits laissés par les jésuites. Il n est plus resté des langues de la province que le Dictionnaire de la lengua moxa du père Marban, imprimé en 1701, et une grammaire manuscrite de la langue baurès, que je possède.
Moxos.
Aujourd’hui les habitans des Moxos sont, sous le rapport religieux, gouvernés comme du temps des jésuites; mais quant au travail, on n’a pas amélioré leur sort; au contraire. Ces malheureux doivent tout leur temps à l’État; on leur laisse à peine quinze jours par an pour semer et récolter, et ils doivent se vêtir. Ils sont plongés dans la plus profonde misère, et les moeurs, chez eux, sont très-dissolues. On châtie les hommes et les femmes à coups de fouet, suivant les caprices de leurs chefs espagnols ou indigènes; aussi leur aspect annonce-t-il des êtres dégradés par l’esclavage.
-f -j- Température ; salubrité.
La province de Moxos, située entre les 10.e et 1fi.e degrés de latitude sud, est infiniment plus chaude que Chiquitos, tout en participant aux mêmes influences météorologiques. Pourtant les pluies y sont plus fréquentes et plus prolongées. Si, au centre de la province la saison sèche et la saison des pluies sont assez tranchées, il n’en est pas ainsi au pays des Yuracarès, ou il pleut d’abord sans interruption de Septembre en Mai, et même dans le reste de l’année les averses deviennent si fréquentes, cpie les journées un peu passables sont très -rares. Cela s’explique facilement. Les vents du nord ou du nord-est y amènent constamment des nuages qui, arrêtés par la Cordillère, doivent nécessairement y séjourner. A Moxos, les vents du sud déterminent un tel abaissement dans la température, que relativement on y éprouve alors un froid très-vif.
La province, comme je l’ai dit, s’inonde entièrement pendant la saison des pluies, et, lorsque les eaux commencent à s’évaporer, il reste des marais souvent putrefies, dont les exhalaisons occasionnent des lievies intermittentes très-fréquentes, et par suite une grande mortalité, surtout chez les hommes obligés de passer les nuits à l’air, lors de leurs navigations journalières.
+ -f -j- Produits industriels.
Les bestiaux introduits à Moxos par les jésuites s’y sont considérablement multipliés. Voici l’évaluation, très-au-dessous de la réalité, donnée en 1850 par l’administrateur général :