VALEUR
produite.
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Fr. C.
On remarque, durant ces six années, une grande intermittence dans les revenus de la province; il y a néanmoins une amélioration progressive. Il ne faudrait pourtant pas croire à la réalité des sommes portées dans les recettes, car elles sont l’évaluation de la valeur conventionnelle à laquelle les employés doivent prendre les objets pour se payer de leurs appointemens, et nullement la valeur réelle de ces mêmes produits, qui sont loin de se vendre à ces prix. Le surplus des marchandises absorbées par le traitement des employés s’expédie pour Santa-Cruz, oii il se vend au compte du gouvernement, qui, en échange, donne par année, à titre de secours, 400 pains de sel (la province n’en produisant point), 200 couvertures de laine, 1000 kilogrammes de fer, 150 kilogrammes d’acier, 400 couteaux, quelques rames de papier, 1 sac de farine, et 57 kilogrammes de vin pour
les offices de l’église. On conçoit combien ces quantités sont insuffisantes pour une population de 25,000 ames.
En dehors des plantes productives pour l’Etat, on cultive encore à Moxos toutes celles qui sont particulières aux régions chaudes , destinées à nourrir les habitans. Ce sont le riz, le maïs, le mani, les haricots, les citrouilles, la mandioca (manioc), les bananes, les patates, les papayos, etc.
-f Produits naturels.
La province de Moxos fournit , en raison de l’élévation de sa température , toutes les productions naturelles que j’ai indiquées à Chiquitos1, seulement, vu le grand nombre de rivières et de lacs, le poisson y est si commun, qu’il pourrait suffire à une grande partie des besoins des habitans, s’il y avait à Moxos la moindre industrie relative aux pêches. Les bois de construction et d’ébénisterie y sont aussi plus nombreux et plus variés, de même que les palmiers qui bordent toutes les rivières, et parmi lesquels se trouve le Tôt aï, ressource de l’indigène dans les temps de famine; indépendamment d’une immense quantité de fruits sauvages. Au pied des Cordillères (pays des Yuracarès) le fruit du Tembi seul procure aux Indiens une nourriture abondante. On y trouve quatre arbres, le Tochore , YHunohuno , le Puchichi, dont les Indiens tirent leurs chemises d’écorce, et le Cheneche, avec lequel ils fabriquent les cordes pour leurs arcs et pour leurs filets. Yltira donne une magnifique couleur violette; le Cancasi , une éclatante couleur rouge; YJJtupi et le Sabajesto, le noir le plus beau, et Y Yene, le bleu. Il y a de plus une multitude de plantes propres aux teintures et à la médecine, qui sont encore à étudier.
fffff Améliorations agricoles, industrielles et commerciales dont la province est
susceptible.
La province de Moxos pourrait recevoir beaucoup d’améliorations , et dans certains cas les mêmes qu’à Chiquitos2. Néanmoins je vais citer à Moxos les branches les plus susceptibles d’une impulsion nouvelle et productive.
Un premier objet, indispensable pour l’élève des bestiaux, pour l’agriculture et même pour la salubrité, serait la construction de petits canaux qui, faciles à creuser dans une terre légère, dessécheraient les marais et