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Moxos.
augmenteraient la surface exploitable. Il suffirait, pour doubler les terres, de quelques saignées pratiquées sur des distances assez courtes. Ainsi 1 on augmenterait considérablement les troupeaux de bêtes à corne qui, au nombre aujourd’hui d’environ 120,000 têtes, produiraient chaque année la moitié en sus. Dês-lors les graisses et les cuirs donneraient un immense revenu. Chiquitos , plus propre à élever des chevaux , prendrait cette industrie, tandis que les bêtes à cornes seraient mieux appropriées à Moxos, où les chevaux, habitués à fouler des terrains marécageux, n’ont pas le pied propre à résister dans les montagnes pierreuses.
En 1830 on comptait déjà 774 brebis; pour peu qu’on s’occupât de les soigner et de les faire multiplier, ces animaux donneraient bientôt assez de laine pour l’approvisionnement des métiers de tissage; alors non-seulement Moxos se fournirait des couvertures de laine quelle tire des villes des montagnes, mais encore elle tisserait la laine au lieu du coton, et présenterait des produits bien plus avantageux.
La cire d’abeilles offrirait de grands avantages. D’ailleurs il suffirait d établir notre industrie à Moxos, pour faire d’excellente bougie avec la graisse que produisent les bestiaux abattus chaque annee.
L’indigo d’une foule d’espèces croît naturellement sur les points les moins inondés, sans qu’on songe a l’utiliser. Au pays des Yuracares surtout, beaucoup de plantes donnent le meilleur bleu.
La vanille, sauvage dans les forets, se cultiverait avec succès surtout pour le commerce avec l’Europe. 11 en serait de meme des arbres propres a l’épicerie, qu’on y acclimaterait facilement.
La culture du tamarin, du cacao, du café et de la canne à sucre pourraient recevoir une impulsion nouvelle, et, sous un regime de culture raisonné, quintuplerait leurs produits. Il en est de même du mais, du riz, etc. En un mot, Moxos serait propre à toutes les plantes des pays chauds.
Les plus beaux bois d’ébénisterie , des bois et des plantes propres aux teintures, seraient très -fructueux pour l’exportation. Les palmiers fourniraient une grande abondance d’huile de coco non utilisée; on y lecolterait aussi beaucoup d’huile d’amande du pays et de copahu. Une quantité d’arbres donnent de la potasse par l’incinération, et beaucoup d’autres produisent les résines les plus aromatiques.
Si je n’avais pas connu la loi prohibitrice en vigueur sous le régime espagnol, j’aurais pu m’étonner que les jésuites, d’ailleurs si industrieux, n aient pas tiré parti de la branche d’industrie la plus importante de ce pays, dont
l’avenir doit changer la face des choses. Je veux parler du fer. Aux environs de San-Joaquin et sur la place même de cette mission, le sol est partout couvert de fer hydraté en gros grains, dont l’exploitation serait d’autant plus facile , que le Rio Machupo voisin offrirait tous les moyens de lavage désirables. Il ne s’agirait donc que de tirer le fer à ciel ouvert, de le laver sur les lieux , et d’établir de hauts-fourneaux ou des forges catalanes avec le charbon de bois fourni par les immenses forêts de ce sol vierge ; ainsi Moxos non-seulement se pourvoirait du fer nécessaire à ses diverses exploitations, mais encore approvisionnerait les villes de l’intérieur qui tirent ces produits d’Europe.
En songeant à cet immense réseau de rivières navigables qui sillonnent en tous sens la province, on commencerait une vie nouvelle, si le fer, devenu commun , fournissait , sans le secours des manufactures européennes , les matières premières pour la construction de machines a vapeur propres à l’industrie, et surtout à la navigation supérieure de toute la région de l’Amazone. Moxos alors deviendrait le pays le plus important de la Bolivia. Je ne doute pas un instant que le bien-être produit par les mines de fer dédaignées jusqu’à présent, et l’impulsion qu’il donnerait à la civilisation, ne fussent plus durables et cent fois supérieurs à cette richesse proverbiale des mines d’or et d’argent de la Paz, de Tipoani, de Chayanta, d’Oruro, et même du fameux Potosi (Potose). Il ne faudrait pourtant , pour opérer ce changement, que la présence d’un ingénieur des mines, habitue a ce genre d’exploitation en usage dans les départemens des Pyrénées orientales et de l’Aude et de tout l’est de la France.
A côté de cette immense source de richesses, toujours méprisée du mineur péruvien, les écrivains exagérateurs ont voulu trouver de l’or partout et même à Moxos1, tandis que d’après la constitution géologique de la province, j’ai reconnu qu’il n’y a aucun espoir d’y rencontrer ce métal.
Si Moxos, vu le peu de différence de niveau de ses plaines, ne peut trouver , dans les cours d’eau de son centre , autant de moteurs naturels pour les fabriques qu’en présente Chiquitos , elle les rencontrerait non moins nombreux , si l’industrie prenait possession de cette innombrable quantité de ruisseaux et de torrens qui descendent de la Cordillère au pays des Yuracarès. Du reste l’abondance des eaux et du bois deviendrait toujours, par la vapeur , l’élément d’une grande prospérité industrielle , dès qu’on