‹ Voyage dans l'Amérique méridionale (volume 2)Chapitre 131 sur 240 · Poissons, pl · texte numérisé non relu

Poissons, pl

Rio

Piray.

Septem h.

Rio Pi ray

Septemb.

Septemb.

Septemb.

nèrent l’occasion de reconnaître, dans ces argiles, la composition de ce sol, ordinairement recouvert de terrains d’alluvion et de forêts. J’y avais vu l’analogue des terrains limoneux des pampas de Buenos-Ayres 1 et j’y avais même recueilli, au fond des eaux, un grand nombre d’ossemens fossiles, que je n’ai pu rapporter en France. Je dus encore à ces parties peu profondes de la rivière la decouverte d’un nouveau genre de coquilles d’eau douce, qui s’enfonce dans ces argiles durcies, comme les coquilles perforantes de nos rivages maritimes. 2

Le \ 3 , les forêts des rives du Piray cessèrent tout à coup , et nous naviguions au milieu d’un marais où viennent se perdre deux petites rivières, le Rio Palacios et le Rio Palometas , qui naissent dans la plaine de Santa- Cruz de la Sierra. Ces marais nous annonçaient le terme de notre voyage. Il en était temps de toutes les manières ; car nous manquions de vivres et j’avais réellement besoin , après dix-huit mois de pérégrinations au milieu des pays sauvages , de retrouver à la fois la civilisation et le repos. Le \ 5 , je passai de suite quatre rapides, et j’arrivai au port marqué, sur la rive gauche , par une grande cabane couverte en feuilles de palmiers , qu’un marais profond, d’une lieue de large, séparait du petit hameau de Quatro ojos. Après avoir fait débarquer toutes mes collections et les avoir remises sur récépissé au gardien du port, je me dirigeai vers Quatro ojos, où je repris mes courses terrestres, en abandonnant pour toujours la navigation des rivières, dont j’étais très-fatigué.

Pressé de gagner Santa -Cruz, je repartis le lendemain matin pour le village de Palometas , distant de sept lieues. Je passai d’abord une petite colline sablonneuse, appelée Isla pelada, parce quelle est entourée de terrains sujets aux inondations; puis un marais et un bois nommé, non sans raison, Infernillo (le petit enfer) : en effet, on enfonce tellement dans ce terrain formé de fondrières , partout remplies de racines , que je faillis y rester avec mon cheval. Au-delà je traversai une plaine ovale, connue sous le nom de Potrero de las Vacas , et j’entrai dans une forêt de quatre lieues de largeur, où je retrouvai la végétation que j’avais partout observée aux environs de Santa-Cruz3. En abandonnant la forêt, j’étais dans le Rincon del limon (le recoin du citron), plaine couverte de bestiaux, entrecoupée d’arbres isolés, dans laquelle j’aperçus le hameau de Puquio, et une lieue plus loin

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