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Palometa, agréablement située sur un terrain sablonneux, un peu élevé au-dessus des plaines environnantes.
N’ayant rien de ce qu’il me fallait pour faire des recherches , et d’ailleurs , connaissant déjà les environs de Santa-Cruz, je couchai seulement à Palometa et continuai vers Portachuelo , situé à une dizaine de lieues au sud-est. L intervalle est une plaine sablonneuse, ornee d’arbres isolés et de bouquets de bois , où l’on ne peut citer que les nombreux bestiaux qui y paissent , les quelques estancias auxquelles ils appartiennent, et trois points qui s’y distinguent : la Loma alta , espèce de colline sablonneuse, transversale à la direction que je suivais; le petit ruisseau d ' Asuvicito , l’un des affluens du Rio de Palometas, coulant dans un bois, et le hameau de San-Diego. Portachuelo est le chef-lieu de ces campagnes et l’un des points les plus habités de la plaine de Santa-Cruz. On y cultive la canne à sucre, le tabac et l’on y élève des bestiaux.
Quinze lieues separent ce point de Santa-Cruz; je voulus les franchir en un jour. A deux lieues de Portachuelo j’entrai dans un terrain sablonneux, inégal , absolument semblable à d’anciennes dunes que forment , sans doute , les sables apportés des montagnes par les débordemens du Rio Piray et amoncelés par les vents. Au milieu de ces terrains singuliers coulent un grand nombre de ruisseaux, qui se dirigent au Piray, tels que les Ríos Dorado, Maypuba et de San- Jorque. Après ce dernier cours d’eau je pénétrai dans un bois poussé sur d’anciennes dunes et j’aperçus, enfin, le Rio Piray, représente sur ce point par une plage de sable mouvant, d’une lieue de largeur, ou coule tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, une nappe d’eau, dont la plus grande partie, dans cette saison, filtre au travers du sable même, et laisse a peine un cours marqué au dehors. Il ne me restait plus à franchir qu’une plaine qui m’était très-connue et dont j’ai déjà parlé1. Avec quel plaisir je revoyais les environs de Santa-Cruz, où j’avais tour à tour fait delà zoologie, de la botanique, où j’étais connu de tout le monde, depuis les autorités jusqu au dernier des enfans de toutes couleurs! En entrant dans la ville, j étais arreté a chaque pas et j’entendais dire partout, comme un événement: Nos vuelve el naturalista (le naturaliste nous revient).
Je rentrai avec plaisir dans mon ancien logement, et je pris quelques jours de ropos , en attendant que je pusse réunir mes collections , laissées à Chiquitos. Je reçus de nouveau toutes les marques possibles d’affection et de
Santa-
Cruz.