Ibidem, p
3. \iedma donne à la province 14,623 habitans, ainsi composés : 4224 blancs, 4239 métis, 3929 mulâtres, 317 Indiens et 40 nègres. Aujourd’hui on ne compte aucun Indien et les mulâtres sont en très-petit nombre.
Valle
Grande.
Novemb.
de balcons en bois. Les environs seraient charmans , si l’on voulait y planter des arbres : tous ceux de France y viendraient parfaitement , ainsi que notre culture. La vigne surtout y donnerait d’excellentes récoltes , de même que tous nos fruits de Provence. La vallée voisine nourrit à peine aujourd’hui quelques troupeaux de moutons, tandis que, sous l’influence d’une culture raisonnée, elle présenterait non-seulement des vins pour l’approvisionnement de la République, mais une foule de produits encore ignorés. La cure de Valle Grande donne annuellement 20,000 francs : c’est peut-être l’une des* plus étendues de Bolivia, puisqu’elle a pour succursale Pampa Grande et Pucara, la première à quinze lieues, la seconde à dix de distance, et que sa circonscription offre plus de trente lieues de long dans son grand diamètre.
Le 50 Novembre, je fis mes adieux aux bons habitans de Valle Grande et je me dirigeai vers Chuquisaca. La première journée devait être de dix lieues jusqu’à Pucara. Je suivis d’abord la plaine pendant une lieue, en longeant le pied des montagnes, non sans penser aux immenses avantages qu’on pourrait tirer de la culture dans ces terrains vierges de labour. Je commençai ensuite à m’élever sur des coteaux verdoyans. Là je ne trouvai plus cette végétation arborescente des montagnes de Yungas , mais à peine quelques petits buissons rabougris, au milieu de plantes graminées ou de phanérogames peu variées. Je remarquai pourtant plusieurs espèces de bruyères à fleurs rouges et des renonculacécs à la fleur du plus beau jaune. En arrivant au sommet de la chaîne, j’aperçus les points culminans couverts soit de mousses , soit de lycopodes , soit encore d’un grand nombre de fougères , le tout ayant alors repris sa fraîcheur printanière, par suite de l’action continuelle des pluies. Je fis au sud plus de trois lieues sur le sommet de la chaîne dominant tous les environs. Si je dirigeais mes regards vers l’est, j’avais à mes pieds la continuation de la vallée, qui se creusait de plus en plus et au-delà des montagnes de grès à nu. Si, au contraire, je les portais à l’ouest, tout changeait d’aspect : c’était, dans toutes les directions, une immense étendue de montagnes séparées par des vallées profondes, parmi lesquelles je distinguais au loin, comme des gouffres, le Rio de Mizqué et le Rio Grande, avec leurs côtes escarpées. Avant d’abandonner le point élevé, je remarquai que ce dernier rameau de la Cordillère orientale s’abaisse beaucoup et va se terminer à quelques lieues au sud. Ce n’étaient plus cette chaîne imposante que j’avais passée en me rendant de la Paz à N ungas1, ni même ces points