‹ Voyage dans l'Amérique méridionale (volume 2)Chapitre 140 sur 240 · Ibidem, p · texte numérisé non relu

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pas d’affronter les fièvres intermittentes auxquelles ils sont exposés tous les 1832ans. La plus grande misère règne en ce lieu. Je ne pus même pas y rencontrer Tomina de bonne eau. Pour boire, les habitans vont en chercher au Rio Grande; mais, comme elle est bourbeuse, ils la clarifient en y écrasant les tiges d’une espèce de liane, laquelle ne laisse pas d’indisposer ceux qui, pour la première fois , prennent de cette eau ainsi clarifiée.

Bientôt je laissai la rivière et commençai à gravir un petit ravin, foulant des schistes en décomposition, sur lesquels je glissais achaque pas, d’autant plus que la pluie tombait avec violence. Je montai péniblement le reste de la journée et j’atteignis le soir la ferme de culture de la Pampa Ruiz, ou je m’établis sous un hangar. Il plut à verse toute la nuit et le lendemain je fus contraint de rester, parce que le seul chemin tracé était le lit même du Rio Cucillo, ou des torrens bondissaient avec fracas, en roulant des quartiers de rochers. J’en profitai pour aller courir les montagnes voisines et recueillir des coquilles terrestres que ce temps invitait à sortir de leurs asiles cachés; j’en observai dix -sept espèces, sans m’éloigner de plus d’un kilomètre.

Enfin, le 5, je pus laisser la Pampa Ruiz, fort heureux de ne pas y être s

, . . , Décemb.

retenu plus long-temps. Je commençai mon ascension vers les montagnes, non sans éprouver de grandes difficultés à traverser plusieurs fois le torrent toujours rempli d’eau. Après quelques heures de lutte, je gagnai la première bifurcation du ravin , à la suite de laquelle le volume du ruisseau , considérablement diminué, ne m’offrait plus d’obstacles. Sur ce delta est une ferme où l’on cultive la canne à sucre. J’y fus parfaitement reçu des habitans. J’y pris quelques instans de repos et je me remis en marche par un ravin profond, ombragé de grands arbres, parmi lesquels je remarquai un myrte, dont les fruits, alors en maturité, ressemblaient en tout à ceux que j’avais recueillis sur les rives du Rio de Santa-Lucia ’, dans la province de Corrientes. Le ravin devint de plus en plus rapide, et je le quittai pour gravir une côte difficile, couverte de pierres mouvantes, qui me conduisit au sommet de la montagne du Nuevo Mundo (nouveau monde). Là j’étais à peu près au niveau de Yalle Grande, sur des plateaux couverts seulement de graminées, où s’élèvent de distance en distance des mamelons de grès friables en couches presque horizontales de l’aspect le plus singulier. L’un d’eux me présenta, sur ses divers gradins, beaucoup de fougères très-curieuses, poussées entre les rochers. En laissantes

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