Herrera, Dec. VIII, cap. XV, p
Potnsi.
qui fut alors surnommée Villca (la riche), nom que les Espagnols corrompirent en Guanea vélica. Quoiqu’on en tirât annuellement jusqu’à 400,000 kilogrammes de mercure, quatre années encore se passèrent sans qu’on l’employât aux mines. En 1571 on envoya pourtant au Pérou Pedro Fernandez de Yelasco, qui avait appris au Mexique la manière d’opérer l’amalgame1. Cette nouvelle méthode d’exploitation méritait assurément toute l’attention du gouvernement espagnol; aussi l’année suivante Don Francisco de Toledo (1572), cinquième vice-roi du Pérou, voulut-il se rendre lui-même à Potosi.2 ÎJ y créa la monnaie, y commença la construction de l’église de la Matriz, lit élargir les rues et régularisa l’exploitation des mines , en la soumettant à des ordonnances qui Font régie jusqu’à présent. A cette époque Potosi reçut une impulsion nouvelle; ses richesses parvinrent bientôt à* leur maximum , et l’Europe en retentit partout.
D’après les relevés qu’en fit faire, en 1574, le vice-roi Toledo, Potosi avait déjà produit 76,000,009 de piastres ou 380,000,000 de francs3, et de 1574 à 1 585, 55,000,000 de piastres ou 1 75,000,000 de francs : en tout 555,000,000 en quarante années. Un auteur4 affirme que jusqu’à 1658 on avait tiré de Potosi 595,619,000 piastres ou 1,978,095,000 francs; ce qui mettait le revenu de ces mines à 21,275,215 francs par année, seulement pour les sommes déclarées , tandis qu’il est certain qu’il devait s’en exploiter au moins un tiers en sus , dont on dérobait le fisc au gouvernement espagnol. Malgré les sanglantes querelles qui s’élevèrent entre les Espagnols de deux provinces 5 , malgré les différends continuels des habitans , Potosi fournit d’immenses produits jusqu’à la fin du dix- septième siècle, et même jusqu’à la moitié du dix - huitième. Ces produits diminuèrent tout à coup après cette époque. Par suite de travaux mal dirigés, qui ne permettaient pas la facile extraction du minerai, et en raison de la profondeur à laquelle on était arrivé, les principaux filons se trouvèrent inondés. Dans l’espoir de les égoutter, on creusa successivement sept galeries d’écoulement; mais celles-ci, qui coûtèrent jusqu’à 947 francs par mètre6, ayant été mal dirigées et leurs niveaux mal pris, n’amenèrent aucun résultat satisfaisant.
1. Garcilaso, Corn. de los Incas, lib. VIII, cap. XXV, p. 301.
2. Manrique , Descripción de la villa de Potosi, p. 1 . — Colección de obras y documentos, etc., t. 2.