‹ Voyage dans l'Amérique méridionale (volume 2)Chapitre 151 sur 240 · Escalona, Gazophilacio Perubico, fol · texte numérisé non relu

Escalona, Gazophilacio Perubico, fol

5. Entre les Andaloux et les Vascongados. Manrique, Descr. de la villa de Potosí, p. 4.

6. C’est au moins ce que disent les notes qui m’ont été fournies par l’administration de la monnaie de Potosi.

Dans le principe , on perdait tant de mercure à l’extraction de l’argent du minerai, qu’il en fallait au moins un kilogramme pour obtenir un kilogramme d’argent. Un écrivain du temps nous apprend que de 1574 à 1638, on a vendu à Potosi, pour l’exploitation des mines, 10,235,000 kilogrammes de mercure. Une note officielle, présentée au vice -roi par Don Juan del Pino Manrique, gouverneur de Potosi, le 16 Décembre 17871, dit que les mines ne donnaient plus alors que quatre marcs, un kilogramme d’argent pour 2500 kilogrammes de minerai, et que, sans l’établissement de la Mita 2, la ville serait entièrement ruinée; cependant le Cerro de Potosi produisait encore chaque année de 62,000 à 75,000 kilogrammes d’argent 3. En 1 825 une compagnie anglaise entreprit de l’exploiter; mais cette association, qui était plutôt une affaire de banque qu’autre chose, échoua avant d’atteindre les mines. Des machines trop lourdes arrivèrent jusqu’à Arica, ou, ne pouvant être transportées à dos de mulets, elles furent brisées et vendues comme fer. D’un autre côté le général Paroissien, alors directeur, mourut de chagrin, et aucun travail ne fut entrepris à Potosi. Aujourd’hui (1833) on n’en tire presque plus de minerai. Les spéculateurs se contentent d’acheter aux Indiens, à tant la charge, des minerais choisis parmi les anciens déblais des premiers mineurs. On les écrase le plus souvent au moyen d’une grosse pierre mise en mouvement par un levier, tandis que toutes les machines à moudre ( ingenios ) des anciens travaux tombent en ruine. On passe ce minerai et on le livre à l’amalgame.

L’historien Herrera4 dit que la ville, la plus grande du Pérou, avait à l’époque où il écrivait (au commencement du dix -septième siècle), deux lieues de tour, et qu’il s’y faisait un commerce considérable. Sauf un pen d’exagération dans ce récit, il est certain quelle devait être au moins la ville la plus opulente et la plus commerciale, les marchands de toutes les classes y trouvant d’immenses avantages par l’échange qu’ils faisaient de leurs marchandises pour de l’argent en barre. En 1780, suivant Manrique,

Potosi.

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