‹ Voyage dans l'Amérique méridionale (volume 2)Chapitre 153 sur 240 · Je possède de ces pantoufles dans ma collection · texte numérisé non relu

Je possède de ces pantoufles dans ma collection

4. Voyez-en le plan partiel , relevé à la boussole sans la variation de l’aiguille corrigée, carte n.° 9.

5. On en compte cinq mille environ, sur lesquelles trois mille seulement, au dire des gens du pays, furent exploitées.

Potosí.

décombres1, aujourd’hui remués de tous côtés pour y chercher des minerais que dédaignaient les premiers exploitant, vu leur peu de valeur. En examinant avec soin les roches qui constituent la montagne2, j’atteignis le dernier point oii l’on puisse aller à cheval et je montai le reste à pied jusqu’au sommet, oii je m’établis pour une partie de la journée sur une petite plateforme large de quelques mètres. Elevé de 4888 mètres au-dessus des mers, et dès -lors à 78 mètres plus haut que le faîte de notre Mont-Blanc 3, je voulus long-temps contempler le magnifique spectacle qui s’offrait à moi de toutes parts.

Au nord j’avais la ville à 722 mètres au-dessous de mon observatoire, et j’en pouvais suivre tous les détails : au nord-ouest le ravin de San- Bartolo, ou la chaîne de montagnes montre une profonde coupure, dans laquelle s’engouffrent les eaux de la vallée; à l’ouest une chaîne basse de montagnes, au-delà de laquelle j’apercevais, à une grande distance, un pic neigeux; au sud-ouest, se dessinait aussi, par-dessus toutes les autres hauteurs, le Gerro de Poico, couvert de neige, dont la richesse minérale ne le cédait que peu au Potosi , mais dont les mines si productives étaient, depuis longtemps, inondées. Au sud je voyais une belle plaine verte, oh brillaient les eaux limpides de trois lacs , dont les deux plus grands portent les noms de Pescococha et de Chalviri, et plus loin des montagnes moins hautes que le cerro de Potosi. A l’est se trouvait la plus belle partie : c’étaient d’abord des terrains unis, couverts de pelouses; puis des collines, qui vont en s’élevant graduellement jusqu’à des sommités déchirées, oh des roches noires schisteuses contrastent avec la blancheur de la neige qui recouvre les parties moins escarpées. De ces montagnes, dernières limites visibles , descendent des ruisseaux qui forment des lacs par étages. Les eaux, retenues soit naturellement, soit artificiellement pour alimenter les machines de la ville, forment de magnifiques réservoirs. Tout attirait mon attention, et je ne saurais dire quel prestige accompagnait chaque partie du vaste horizon que j’apercevais dans toutes les directions sous un ciel si pur. Je relevai par un réseau de rhumbs tous les points environnans, en dessinant les formes orographiques et la disposition des montagnes et des vallées. Je fis bouillir de l’eau dans un vase

1. Les Indiens croient que la montagne de Potosi croît tous les ans en diamètre; croyance fondée en ce sens que tous les décombres jetés au dehors des mines doivent peu à peu augmenter l’extérieur de la montagne.

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