‹ Voyage dans l'Amérique méridionale (volume 2)Chapitre 160 sur 240 · Tome lit , p · texte numérisé non relu

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oriental de la Cordillère, et en même temps ligne de séparation entre les départemens de Potosi et d’Oruro. Là j’étais arrivé, presque sans m’en apercevoir, au passage le plus élevé de ces régions, où l’on est à 4290 mètres1 p^e au-dessus des océans, et à 1799 mètres plus haut que le passage du grand Saint-Bernard, dans nos Alpes. D’un côté la vue s’étendait au loin, sur la plaine de Tola-palca, et de l’autre, bien au-dessous de moi, je voyais le petit plateau de Vilcapujio, où coulent les premiers affluens du lac de Panza, réservoir sans issue, qui réunit toutes les eaux du grand plateau bolivien.

Ce passage, peu important, n’en est pas moins le faîte de partage des pentes que je remontais depuis Chuquisaca et Potosi, et qu’on peut suivre depuis Montevidéo et Buenos-Ayres, c’est-à-dire sur sept ou huit cents lieues au moins.

ff Territoire du département d’Oruro.

Dès mes premiers pas j’entrai dans la province de Poopo, dépendance du département d’Oruro. Je descendis un mauvais sentier, tracé sur une pente ravinée par les eaux, où je foulai d’abord des grès, puis des phyllades et des schistes, jusqu’à la vallée qui forme un plateau élevé presque horizontal , partout circonscrit de montagnes. Jamais je n’avais remarqué de plus grand contraste entre les deux côtés de la vallée : en effet , à l’est , les couches stratifiées, disloquées en divers sens, montraient des déchirures profondes, des escarpemens et des accidens nombreux, tandis qu’à l’ouest les roches trachytiques , sorties du centre de la terre par les anciennes déjections, présentaient au contraire des mamelons arrondis coniques , couverts de pelouses. En observant ces contrastes et cheminant dans la plaine, au pied des derniers coteaux, j’arrivai à la poste de Vilcapujio, où, pour me reposer de mes fatigues de la journée, je ne trouvai absolument rien, pas même bon visage d’hôte, le maître de poste étant l’homme le plus grossier que j’eusse rencontré j usqu’alors.

La vallée de Vilcapujio, analogue à celle de Lagunillas, est partout riche en excellens pâturages, arrosés par une multitude de petits ruisseaux, qui descendent des montagnes voisines et y apportent une humidité bienfaisante. Dans ce lieu abrité de tous les vents, séjour constant de la tranquillité, je pensais aux nombreux peupliers qui, en Europe, seraient plantés au bord de tous ces cours d’eau, et viendraient en égayer la vue, en y

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