Voyez ce que j’en ai dit à la Paz, t. II, p. 407 et suiv
d’ Ay acucho, Oruro comptant, comme aujourd’hui, seulement 5000 habitans, líí33 n’était plus que l’ombre de ce quelle avait été. 0rm
La ville est bâtie sur un terrain uni, à l’est des montagnes d’Oruro, qui forment une petite chaîne de deux lieues de long, dirigée nord-nord-ouest
paroissiales, la Matriz et San- Miguel de la Ranchería, qui ne manquent pas de splendeur. Il y avait aussi les églises et les couvens de Santo-Domingo , de San-Francisco , de San-Agustin, de la Merced, de San-Juan-de-Dios, mais les frères ont été renvoyés dans les autres villes, et ces établissemens religieux sont abandonnés. Il y existe encore deux ermitages , ceux du Socabon et de Copacabana. Maintenant la cité possède un collège de sciences et arts, une école d’enseignement mutuel, un hôpital et une maison de femmes qui se vouent à l’éducation des jeunes filles orphelines. Il y réside un préfet, un gouverneur militaire de la forteresse, un receveur du trésor, un essayeur d’argent, un directeur du comptoir de rachat d’or et d’argent. Elle produit annuellement à l’État 35,000 piastres (175,000 francs).
Oruro est la capitale du département du même nom, composé des provinces suivantes :
Mendosa.
Í Huallamarca.
I Colque.
I Choquecota.
Province de Carangas, comprenant, . . J Turco.
(Huallamarca, capitale.) J Audamarca.
et sud -sud -est. Ses rues sont bien alignées, et l’on y voit deux églises
Province d’Oruro , comprenant (Oruro, capitale.)
Antequera,
Caracollo.
Paria.
Sorasora.
La Joya.
Province de Poopo, comprenant . . . .
(Poopo, capitale.)
Totora.
Guachacalla.
Curaguara de Carangas.
Oruro.
La population du département est de 115,064 habitans, dont plus des deux tiers appartiennent à la nation aymara.
Actuellement les mines d’argent d’Oruro donnent tout au plus de 80,000 à 100,000 piastres (400,000 à 500,000 francs), presque tous les fdons riches étant remplis d’eau. On exploite encore quelquefois, à Sepulturas et à Irooco, l’or contenu dans les filons, sans que le produit de cette exploitation soit bien considérable. Les mines detain de Guanuni, les plus riches du monde, étaient jadis méprisées; on les exploite aujourd’hui et elles fournissent au commerce de quatre à cinq mille quintaux par année. On pourrait facilement centupler ce résultat; mais, comme l’étain a peu de valeur, on ne l’extrait que pour donner aux mules qui viennent du Pérou avec des eaux-de-vie, des matières de retour qui manquent dans le pays. Le bas prix des transports a seul permis, jusqu’à présent, l’exploitation des mines d’étain d’Oruro; sans cette circonstance elles seraient restées inutiles, comme le sont, sur une foule de points de la Bolivia, les riches mines de cuivre et de plomb , dont les frais de transport ne permettent pas l’extraction.
Aussitôt après mon arrivée, j’avais été, sans perdre un instant, visiter le préfet, le gouverneur militaire, et ils m’avaient appris la manière d’employer le plus utilement possible le peu de jours queje pouvais consacrer à l’examen d’Oruro et de ses environs. Le lendemain, j’étudiai les montagnes sous le rapport géologique. Je voulus aussi voir les mines exploitées. Je remarquai dans les déblais beaucoup de minerais de fer qui ne me parurent pas exploitables, vu la grande quantité de sulfure dont ils sont chargés. Je pensai, en voyant des mines si riches abandonnées aujourd’hui, qu’il serait peut-être facile, en creusant un puits au milieu des anciens travaux, d’y placer des corps de pompe susceptibles de les vider, et de continuer alors à recueillir des millions; mais il faudrait, pour cela, des machines que les moyens de transport actuels permettront difficilement de réunir sur les lieux.
Les renseignemens que j’avais obtenus me décidèrent à faire, dans la province de Carangas, un voyage qui, sous tous les rapports, devait m’offrir beaucoup d’intérêt. Je me procurai une mule, un conducteur, interprète de la langue aymara, et, muni de quelques lettres de recommandation, je me disposai à cette excursion, d’une huitaine de jours, sur la partie la moins connue du plateau bolivien.
§. 2. Reconnaissance de la province de Carangas .
I Province d’Oruro.
La province de Carangas , située à l’ouest d’Oruro et comprenant tonte la partie occidentale du plateau bolivien, est la continuité des plaines que j’avais traversées en venant de Tacna à la Paz1. Le 5 Avril je sortis de bonne heure de la ville d’Oruro avec un très-léger bagage. Je fis d’abord plus d’un demi -cercle pour doubler l’extrémité sud de la montagne, longeant des rochers escarpés de nature trachy tique, puis je me dirigeai au nord-ouest, afin de tourner l’extrémité d’une autre chaîne élevée, dirigée au sud-ouest. Cette chaîne nommée de San - Cristo val , est l’objet des superstitions des Indiens, qui croient quelle n’existait pas primitivement en ces lieux, mais quelle y a été apportée par les esprits malfaisans. C’est une suite de mamelons composés de roches schisteuses, recouvertes par les grès, et des filons desquels on a tiré beaucoup d’or. Je passai entre deux mamelons et je débouchai dans la plaine, qui s’étendait devant moi comme une petite mer. En partie inondée, les points plus secs étaient couverts d’une argile rouge tellement chargée d’efflorescences salines, qu’ils paraissaient, par suite du mirage, prolonger l’eau bien au delà de ses véritables limites. Au milieu de cet horizon aqueux, je voyais à l’ouest un groupe de montagnes, vers lequel je me dirigeai. Le mirage me le montrait semblable à ces îlots coniques qu’on aperçoit au sein des océans. J’entrai dans ces terrains baignés , oh l’on enfonce assez profondément; j’eus à franchir le cours du Rio de Paria, qui va au sud-ouest se jeter dans le Désaguadero 2, et je faillis y rester avec ma mule; pourtant j’eus encore deux lieues de ce chemin inondé, remplacé plus loin par des argiles couvertes d’efflorescences salines, où croissent quelques plantes maritimes, telles que des salicornes, et d’autres en gazon circulaires. Enfin la plaine, devenue plus sèche, se couvrit de quelques graminées dures et d’une petite plante à fleur jaune, que tant de fois j’avais vue sur des terrains analogues en Patagonie. Après cinq lieues , j’atteignis la montagne de Guallapata, groupe trachytique isolé, dont la direction générale est presque au nord-ouest. L’extrémité sud en est très-élevée, mamelonnée, puis elle va, en