Tome II, p. 394 et suiv
2. Là je vis, avec beaucoup d’autres oiseaux de rivage, une espèce d’avocette blanche, dont les pieds, le bec et les ailes sont noirs. Elle me parut plus grande que l’espèce européenne. Je la cite ici, n’en ayant jamais rencontré d’autres individus.
Oruro.
5 Avril.
Oruru.
s’abaissant peu à peu , vers le nord. Chacune des légères vallées qu’elle forme contient quelques habitations des indigènes pasteurs. Un de ces hameaux, celui de Guallapata, situé au sud-ouest de la montagne, offre même un aspect assez pittoresque.
Je longeai pendant quelques lieues la montagne, observant sa composition géologique, et surtout les nombreuses concrétions de carbonate de chaux, provenues sans doute de quelque source d’eau thermale, qui ne coule plus aujourd’hui; au moins l’espèce d’encroûtement de cette substance sur les roches de nature ignée, et son extérieur varié me rappelèrent-ils ce que j’avais vu près de Potosi 1 et ce que je pus observer plus tard, à la source incrustante de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Ces couches jaunâtres contrastent avec les rochers des environs , les uns abruptes , les autres ressemblant à des colonnes.
Bientôt je rejoignis le chemin direct qui conduit de Potosi à Tacna, et je me trouvai très-près du Rio Désaguadero, queje longeai pendant trois lieues de suite. Son cours, aussi large que je l’avais vu à quarante ou cinquante lieues plus haut2, coulait sur ce point avec lenteur dans un lit assez profond, entre deux herges argileuses rougeâtres, qui me retracèrent en tout, sur une plus petite échelle, le souvenir des falaises du Rio Parana, que j’avais vues au-dessous de Santa-Fé0. Je m’arrêtai sur les bords du Désaguadero pour traverser ses eaux alors salées. J’appelai des Indiens postés à cet effet, et un bac porté par des barriques me passa sur l’autre rive. Je me trouvais au pied même de la montagne conique de la Joya. Je retournai sur mes pas en la tournant, et, de 1 autre côté d’une légère colline, j’atteignis le bourg de la Joya, après avoir fait onze lieues dans ma journée.
La Joya (le joyau) a reçu son nom de la grande richesse de la montagne voisine, où les premiers Espagnols découvrirent et exploitèrent des filons contenant à la fois de l’or et de l’argent. La tradition rapporte encore qu’ils y rencontrèrent des rubis, des topazes, des émeraudes, du cristal de roche et de la chaux carbonatée à double réfraction, mais cela est beaucoup moins certain. La montagne présente la figure d’un cône renversé isolé , composé de roches trachy tiques , qui s’élèvent de deux à trois cents mètres au-dessus de la plaine. Le bourg est situé sur sa pente méridionale , non loin d’un petit lac
î. Voyez t. III, p. 299.