Vojez t. II , p
III • impart.
1833. Après avoir parcouru de nouveau les environs, je partis pour Totora,
I situé à sept lieues à l’ouest. Je suivis trois lieues le même versant oriental
La rangas I
7 Avril, de la montagne, en montant et descendant du sommet des coteaux transverses aux ravins qui les séparent, et foulant toujours les anciennes alluvions de la veille. C’étaient des saldes ou des galets par lits inclinés vers la plaine. La dernière petite vallée me montra des maisons de cultivateurs et de pasteurs. Dans ces lieux éloignés de toutes les routes, l’arrivée d’un étranger est un phénomène; aussi, suivant les individus et le jugement qu’ils portaient de moi, je voyais les Indiens se sauver à mon approche, me croyant militaire, ou bien me considérer avec une grande curiosité. Je tâchais de rassurer de mon mieux ceux qui avaient peur de moi, en leur parlant par mon interprète. Je trouvais ces hommes de la nature d’une complaisance extrême, dès qu’ils ne me redoutaient plus.
Totora étant de l’autre côté de la chaîne, je n’y pouvais parvenir qu’en traversant cette dernière. Une fente verticale m’en offrit les moyens. C’est, avec 1’ Apacheta de la Paz 1 , l’un des beaux faits géologiques de ces contrées. La montagne s’est fendue dans toute sa hauteur, et l’on passe par cette déchirure du sol, oh l’on voit, des deux côtés, les couches de grès qui concordent. En remontant assez péniblement, par suite des pierres anguleuses qui s’y trouvent, je remarquai, sur une infinité de points, des zones d oxide de cuivre, qui dénotaient la présence de ce métal. Au sommet de la montagne j avais atteint les couches les plus supérieures, et il ne me restait plus qu’à descendre sur leurs pentes. Là, je m’arrêtai quelques heures pour mieux étudier la géologie et la botanique locales. Un ruisseau dont les bords sont couverts d’herbe fraîche, chose rare dans ces régions, me fit penser que ma mule pourrait aussi profiter avec avantage de ce point d’arrêt.
Trois lieues de terrains tourbeux, arrosés de plusieurs ruisseaux, où je voyais paître une multitude de troupeaux de lamas et d’alpacas , me conduisirent, après avoir passé une colline d’aîluvions anciennes, au bourg de Totora, entièrement entouré d’anciens tombeaux ou chulpas, et situé dans une petite plaine circonscrite de collines élevées. J’allai directement à la maison du curé, qui voulut bien m’accorder l’hospitalité.
Comme je m’étais aperçu que plusieurs des tombeaux étaient encore fermés, je tâchai de me procurer des ouvriers pour y faire taire des touilles; mais ce n’était pas chose facile. Les Indiens, sans doute pour ne point profaner les