‹ Voyage dans l'Amérique méridionale (volume 2)Chapitre 171 sur 240 · Voyez tome II, p · texte numérisé non relu

Voyez tome II, p

Carangas

8 Avril.

Carangas

avec leurs ponces, absolument semblables à ceux de la Cordillère. Ici, comme au Delinguil1, Faction prolongée des pluies verticales avait formé, dans ces amas très-friables , des espèces de cônes aigus , des flèches très-remarquables , que le moindre souffle de vent paraissait devoir renverser. En marchant sur des herbes dures en gazon, au milieu de la tola, j’arrivai au Rio de Viloma, où beaucoup de troupeaux de lamas et d’alpacas paissaient de compagnie avec les vigognes sauvages , comme si tous eussent été également réduits à la domesticité. Je remontai de l’autre côté sur une pente presque insensible, et je trouvai, de même que sur l’autre rive, une chaîne parallèle de conglomérats trachytiques en couches horizontales , dont une partie était recouverte d’un peu de végétation, tandis que le reste représentait encore des formes diverses, déterminées par les agens atmosphériques. Je me dirigeai vers une montagne élevée et je passai successivement, avant d’en atteindre le pied, près de quelques maisons d’indiens de Calacaya.

Avant la conquête du pays par les Espagnols, cette montagne, nommée Pue ara , était, comme tous les lieux qui portent cette dénomination, une ancienne forteresse des indigènes. Je la gravis pour entrer dans une petite vallée, en me promettant de la visiter plus tard en détail. La montagne, composée de grès friables, inclinés à l’est, montre, sur son versant opposé, la tranche de toutes les couches, et au fond de la vallée, des argiles bigarrées rouges, comme celles de Miraflor2, remplies de rognons de sulfate de chaux et de filons de cette même substance. Je me rendis une lieue plus bas à l’ouest de la vallée, à Pacliavi, dont on m’avait beaucoup vanté les antiquités et les trésors qu’on pensait y être cachés. Je m’arrêtai à la cabane d’un Aymara, et je me dirigeai de suite, à pied, vers la montagne voisine, où j’avais aperçu un monument ancien qui piquait ma curiosité.

Conduit par un jeune Indien, je gravis une côte abrupte, et, après avoir monté longtemps, je parvins sur une partie moins inclinée, où je me trouvai près de deux antiques tombeaux, dont l’un, très -intact, se nommait, par suite de ses dimensions, la Chulpa del Inca (la tombe de Finca). Ce tombeau m’intéressa vivement et je m’empressai d’en prendre une vue3. C’est une espèce de maison, formant un carré oblong de cinq mètres et demi de long sur trois mètres et demi de large, élevé de six mètres et demi, et entière-

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