‹ Voyage dans l'Amérique méridionale (volume 2)Chapitre 172 sur 240 · Antiquités, p · texte numérisé non relu

Antiquités, p

ment bâtie en pierres de taille, mais d’une construction cyclopéenne trèssingulière; c’est-à-dire que les pierres, au lieu de former des parallélogrammes et d’être posées par lits horizontaux, ont conservé quelquefois leur forme anguleuse primitive, et alors on les a taillées de manière à ce que les parties saillantes de Tune correspondent aux parties rentrantes de l’autre. Je m’attachai, du reste, dans mon dessin, à donner la forme exacte de ces pierres. Ce monument, exposé à l’est, est pourvu d’une seule entrée à pans inclinés, d’un peu plus d’un mètre de hauteur, placée à la même distance au-dessus du sol1. Elle donne dans une petite cavité, allongée b en ogive en haut autour de laquelle sont cinq niches : trois dans le fond c, c, c, et deux aux extrémités d, d, destinées sans doute, chacune, à recevoir un corps assis, comme les enterraient toujours les anciens habitans de ces lieux. Je n’y trouvai absolument rien, ce tombeau ayant été ouvert depuis longtemps; mais aux alentours je recueillis plusieurs morceaux de pierre et entre autres, de lapis lazuli, qui avaient été façonnées et percées de manière à former les perles d’un collier2. Autour de ce monument sont trois rangs de gradins en pierres sèches. J’employai toute la soirée à parcourir cette montagne, dominée par des rochers trachy tiques à nu , et à examiner les restes d’un autre tombeau, en partie démoli, mais absolument de même forme que le premier. Je rencontrai aussi, près de ces monumens, plusieurs bouches de souterrains, dans lesquels il me fut impossible de pénétrer.

Près de la maison où je devais passer la nuit, se trouvaient encore beaucoup d’autres sépulcres; mais construits en terre et en paille hachée, ces derniers étaient loin d’avoir l’importance des deux autres. Ils avaient, du reste, été ouverts depuis longtemps. La nuit me contraignit de revenir à mon gîte, humble cabane couverte en chaume et de forme circulaire, comme du temps des Incas. Là, une pauvre famille de pasteurs indigènes me reçut de son mieux, et je partageai avec elle l’étroite surface intérieure de son toit.

Non loin de cette cabane s’ouvrait l’entrée, presque cachée, du fameux ravin de Pachavi, dans lequel je m’enfonçai plus d’une lieue, le lendemain matin, afin d’y chercher des antiquités; j’y vis d’abord quelques champs de pommes de terre et d’orge, enlevés à cette nature sauvage et stérile; puis, arrivé à son extrémité, je rencontrai partout des restes anciens : ici de nombreux morceaux de terre cuite , là des grottes dont les parois étaient couvertes de dessins

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