‹ Voyage dans l'Amérique méridionale (volume 2)Chapitre 176 sur 240 · Ibidem, p · texte numérisé non relu

Ibidem, p

Oniro.

ifi Avril.

la montagne, que je reconnus être partout de même nature trachytique, s’abaissant peu à peu et s’achevant au bout d’une lieue. De ce point j’aperçus encore, au nord-ouest 5° ouest, l’IUimani, ce géant des plateaux, dont la tête blanche dominait toutes les autres montagnes. Une plaine salée, couverte de plantes maritimes (de soude et de salicorne), où passe le ruisseau de Paria, me conduisit vers un autre groupe de montagnes, dont je suivis le pied deux lieues de suite, en examinant les phyllades et les grès dont elle est composée. A son extrémité, j’avais sur ma gauche un petit lac, et à droite le bourg d’Atita, comme perdu dans la plaine. Néanmoins les terrains s’élèvent de ce coté, et l’horizon y est partout borné par des montagnes de moyenne hauteur. De là j’apercevais Caracollo, à trois lieues au nord 50° ouest. La route passe sur des terrains plats , les montagnes se continuent des deux côtés, mais à distance. On monte continuellement par une pente très-douce, jusqu’à Caracollo, sur des argiles limoneuses rougeâtres, durcies , absolument identiques aux terrains des pampas de Buenos-Ayres. 1 Le bourg, situé dans la plaine entourée sur toutes les hauteurs, à l’ouest, de nombreuses chulpas, est un des plus vastes de la province d’Oruro, et surtout le plus populeux; ses nombreuses maisons, ses enclos de pierre sèche, qui s’étendent au loin, lui donnent un aspect très-remarquable. Il est situé du reste très -agréablement, au sein d’excellents pâturages, arrosés par une multitude de petits ruisseaux qui serpentent dans une campagne entièrement nue, où pourraient croître beaucoup des arbres des régions tempérées d’Europe. Distant de huit lieues d’Oruro, ce point est sur la route de poste qui mène directement de Potosi à la Paz.

Le 16 Avril je continuai vers le Reducto, dont je me trouvais à huit lieues à l’ouest-sud-ouest. Je remontai la vallée de Caracollo, ayant toujours à distance de chaque côté des montagnes, les unes à gauche assez basses, les autres s’élevant par gradins. La campagne, toujours dénuée de végétation ligneuse, est en tout celle des plateaux. A peine y voit-on, avec des graminées dures, quelques plants de tola. A trois lieues je rencontrai un lac oblong, à l’extrémité duquel la vallée se rétrécit et s’achève. Je franchis ensuite une très-légère colline et me trouvai du côté opposé dans une autre vallée, qui suit à peu près la même direction. On y foule partout des fragmens de grès sur un sol aride et sec; néanmoins, au bout de deux lieues, la vallée se creuse, devient plus humide, des troupeaux nombreux y paissent, et tout annonce qu’il serait possible d’en vêtir la nudité, par l’introduction de nos

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