III. .-"part
1833- les eaux des provinces de Muñecas, de Yungas, de Sicasica et d’Ayupaya, dont j’ai parlé1. Il se dirige majestueusement dans la plaine, au nord, en faisant de nombreux détours. Il s’accroît encore sur sa rive gauche de la petite rivière de Tumupaza, des Ilios Itaca et Tequije, près d’Isiamas, et à Cavinas, du Rio Madidi, qui prend naissance dans la province de Carabaya an Pérou et court parallèlement au Tuyche. Le Béni continue ensuite son cours dans la plaine, en s’inclinant au nord-est, jusqu’au 1 0.e degré de latitude, où enfin, réuni au Mamoré, il forme le Rio de Madeiras, l’un des plus importans tributaires méridionaux de l’Amazone.
La petite rivière voisine d’Aten est la seule qui ne se réunisse pas au Tuyche, elle se dirige au sud et s’incorpore au Mapiri. On peut dire que la province est dépourvue de lacs, sauf quelques petits, situés près de Suches et à Cololo, à l’ouest de la Cordillère, sur les points les plus élevés. Un de ceux-ci, de près d’une lieue de long et d’un quart de lieue de large, est voisin de Suches; deux autres, moindres, sont situés près de Cololo. Tous renferment des eaux glacées cpii ne contiennent pas de poissons.
En raison de sa situation tropicale et de ses montagnes, qui s’élèvent au niveau des neiges perpétuelles, pour s’abaisser ensuite considérablement jusqu’à la plaine, la province de Caupolican renferme toutes les températures, tous les climats. Yeut-on, en effet, la température la plus froide, les gelées de toutes les nuits, accompagnées d’une grande sécheresse ? on les trouve à Suches, où l’hiver est perpétuel. Yeut-on, avec un climat encore très-froid, avoir des brumes, des brouillards, des nuages humides, constamment arrêtés par la Cordillère? on les rencontre à Pelechuco. Ces deux extrêmes, de froid sec et de froid humide, cpie déterminent la raréfaction de l’air et l’élévation des montagnes au-dessus du niveau des mers, peut donner toutes les zones intermédiaires, jusqu’à la plus grande chaleur de la zone torride. Ainsi Santa-Cruz, Aten, Apolo, Pata et Mojos ont la température des limites tropicales, c’est-à-dire qu’avec la chaleur des climats chauds, Pair y est encore tempéré par la hauteur des montagnes; mais dans l’intérieur, aux paroisses de Tumupaza, d’Isiamas et de Cavinas, on éprouve une chaleur d’autant plus grande, qu’on est dans une plaine uniforme, horizontale.
Si Caupolican participe de toutes les températures, si l’on y trouve à volonté le froid du pole ou la chaleur de la zone torride, les régions des pluies y sont également variables suivant les lieux. A Suches, placé à l’ouest de la