‹ Voyage dans l'Amérique méridionale (volume 2)Chapitre 200 sur 240 · Voyez t. ïï, p. 427 et suiv · texte numérisé non relu

Voyez t. ïï, p. 427 et suiv

Cordillère, toujours le ciel le plus pur; la température y est sèche : il y 1833. tombe par grains seulement en été, de Décembre en Mars, de la grêle ou de la neige. Lorsqu’on franchit la Cordillère, on trouve un niveau permanent de nuages, à la hauteur de 5000 mètres environ au-dessus des océans; là, comme à Pelechuco, par exemple, il y a presque toujours des brouillards qui obscurcissent l’air; il y pleut très-souvent. Plus bas, le ciel redevient pur, la pluie tombe principalement dans la saison ordinaire, c’est-à-dire de Décembre en Mars. Il en est de même des plaines, ou pourtant il y a plus de régularité encore pour la saison pluvieuse.

Les vents rêgnans sont ordinairement nord ou nord-est; ils apportent un air humide et chaud, favorable à toute la nature; mais lorsqu’ils changent tout à coup après un orage, et que le vent du sud souffle avec force, la température s’abaisse immédiatement de dix degrés au moins, et tout en souffre, l’homme, les animaux, la végétation.

Comme on devait s’y attendre, d’après les diverses zones de hauteur et de température, les productions naturelles et l’aspect de la province varient suivant ces zones et les climats quelles déterminent. A Suches, à l’ouest de la Cordillère, c’est encore une partie du grand plateau bolivien; le sol y est sec, aride, la végétation pauvre et rabougrie; la zoologie et la botanique particulièrement y offrent un aspect en tout analogue et souvent identique à celui de la Patagonie. 1

A l’est de la Cordillère, une première zone est couverte de pelouses audessus de la région des nuages. Plus bas commence la végétation ligneuse, qui couvre alors avec profusion jusqu’aux rochers les plus escarpés. Ici ce sont les arbres les plus beaux, comme feuillage et comme élévation, entremêlés avec la liane enlaçante ou les plantes les plus variées, ornées de brillantes fleurs; là, d’élégans palmiers aux légers panaches; partout des contrastes, des points de vue pittoresques, dont les êtres les plus diversifiés de forme et de couleur2 animent toutes les parties. Les oiseaux, en effet, y rivalisent avec les fleurs. Les nombreux perroquets, les coqs de roche au plumage de feu, le céphaloptère à la robe sombre, mais à la forme bizarre, les cotingas, les tangaras chamarrés, les inconstans oiseaux-mouches, et une multitude d’autres couvrent les campagnes. Les quadrupèdes n’y sont pas moins nombreux. Sur les plateaux, le lama et l’alpaca, ressource de

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