Voyez tome II, p
2. C’est l’aspect de la province de Yungas. Voyez t. II, p. 427.
1833- l’indigène montagnard; plus bas des singes des plus variés, des cerfs, des pécaris, des tapirs et une multitude d’autres êtres qu’il serait trop long de décrire.
Lorsqu’on descend dans la plaine, on remarque moins de variété. Partout le sol est entrecoupé de bois épais aussi anciens que le monde, et d’herbages étendus. Ici la nature, bien que moins prodigue, est pourtant riche encore, soit en animaux sauvages, soit en plantes de toute espèce. En résumé, Caupolican , grâce à ses diverses zones de hauteur, réunit à la fois presque toutes les productions naturelles de la Bolivia.
§. \. Histoire .
f Première époque, avant l’arrivée des Espagnols.
Si l’on en juge par l’état actuel et par les traditions populaires, la province de Gaupolican aurait, de tout temps, été habitée par trois nations distinctes : les Quichuas, les Apolistas et les Tacanas.
Attirée sans doute par l’abondance de l’or et par les pâturages propres aux lamas et aux alpacas, la nation des Quichuas avait fondé, depuis les temps les plus anciens, le village de Suches et celui de Pujo - cucho 1 . Ces indigènes restèrent sous la domination des Incas jusqu’à l’arrivée des Espagnols, et dépendirent de la province de Guancane ou de Carabaja.
La nation des Apolistas habitait le lieu que dans sa langue particulière elle nomme Hahuachili 2, lieu situé non loin de l’endroit occupé aujourd’hui par les bourgs d’Apolo et de Santa-Cruz. Les Apolistas étaient d’une couleur assez foncée, d’une taille médiocre; ils avaient les traits efféminés, le caractère doux et docile. On ne sait du reste rien sur leurs mœurs avant la conquête. Leur langue était tout à fait distincte de la langue quichua et de la langue tacana.
La nation des Tacanas vivait à l’est et au nord-est de la nation des Apolistas, dans ces régions de montagnes et de plaines qu’elle nommait Limo ou lieu de son origine. Elle s’étendait depuis Aten jusque bien au delà de Cavinas, c’est-à-dire sur une large bande nord et sud, située entre les derniers contre-forts des Cordillères et le Rio Béni, depuis le ILe jusqu’au
1. Mot qui signifie en quichua séjour de Niebla; il a été corrompu par les Espagnols en Pelechuco.