‹ Voyage dans l'Amérique méridionale (volume 2)Chapitre 203 sur 240 · Voyez cette histoire spéciale à Aten · texte numérisé non relu

Voyez cette histoire spéciale à Aten

habituées à ce genre de travail. Le froid excessif qu’on y ressent, l’aridité des montagnes, ne permettent aucune culture, et la seule industrie des habitans est la recherche du précieux métal.

Composé de quelques cabanes placées sans ordre et dépourvues de toutes les commodités, Suches offre peu de chances d’amélioration, a moins que des hommes intelligens ne viennent exploiter en grand, par des moyens simples et moins coûteux, les richesses que renferme encore le sol froid et inanimé de ces tristes régions. Suches est annexe de Pelechuco, mais on n’y passe pas pour se rendre d’Escoma à ce dernier bourg ; on le laisse sur la gauche.

Les petits ruisseaux qui naissent à Suches se rendent au Rio Cojata, qui se réunit au lac de Titicaca, assez près d’Escoma.

Pelechuco, dont le nom n’est qu’une corruption de Pujo - cucho , qui, dans la langue quichua, signifie le recoin des brouillards, est situé à sept lieues de Suches, sur le versant est de la Cordillère orientale. C’est de toute la province la paroisse dont l’élévation est la plus grande au-dessus du niveau des mers. En effet, à peine a-t-on franchi l’étroite gorge de Cololo, entourée de neiges perpétuelles, qu’au milieu de montagnes escarpées se trouve Pelechuco, sur une pente rapide et rocheuse, à droite d’un torrent. Sa position, encore très-voisine des frimas éternels, en fait un pays froid, oh les pluies sont beaucoup trop fréquentes pour qu’on y puisse vivre agréablement.

Le bourg, bâti sur un terrain en pente, arrosé d’excellente eau, n’est pas aligné et n’a rien de remarquable. Il est en partie habité par des Indiens quichuas, occupés à élever sur les hauteurs voisines des troupeaux de vaches, de brebis et de lamas; à cultiver aux alentours quelques productions des régions froides, telles que les pommes de terre et l’orge, ou plus bas, dans les vallées tempérées, la racaclia, les patates douces, les citrouilles, la yuca ou mandioca, le maïs, tandis que, dans les vallées chaudes, ils sèment les mêmes plantes, avec le riz, les bananiers, les ananas, les papayos, la gualuza, le tabac, la canne a sucre, le coton et la coca. Néanmoins si, dans les deux premières régions, la salubrité de la température permet toute espèce d’amélioration, il n’en est pas ainsi des régions chaudes, surtout au fond des vallées, où des fièvres intermittentes viennent rigoureusement sévir contre les habitans qui s’y fixent. Du reste, comme il est plus facile aux indigènes de gagner beaucoup d’argent en cherchant, dans les montagnes de Motosolo, del Fuerte, d’Amantala, de Yuncapampa et des environs de Tapi, le quinquina , qui y abonde , ils négligent beaucoup l’agriculture , ce qui rend trèsrares et très-chères les denrées de première nécessité. Beaucoup d’entr’eux

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