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leur bon tabac et la coca, et qu’ils les convertissent en objets d échangé, remplaçant la monnaie, jusqu’à présent sans cours chez eux. Ils élèvent aussi beaucoup de troupeaux de vaches, qui réussissent parfaitement sur les collines. Ils se sont un temps occupés avec une telle activité, dans leurs montagnes, de l’exploitation du quinquina, qu’ils l’ont entièrement détruit, et se voient maintenant contraints à s’éloigner de dix à douze lieues pour en trouver. La pêche, la chasse sont chez eux aussi abondantes qu’à Pata; il en est de même des productions naturelles. On y a de plus découvert dans les forêts une infinité des plus beaux bois d’ébénisterie, tels que le granadiîlo , le guayabo ou palissandre.
En résumé, si les habitans voulaient profiter de tous les avantages qui les entourent, de l’élève des bestiaux, de l’agriculture au sein de leurs terrains si fertiles, où la nature leur offre ses trésors, de l’exploitation raisonnée du quinquina, des mines d’or et de plomb qu’on dit se trouver à la Sierra de Santa-Cîara, ils pourraient sans doute doubler leur richesse; mais ils auraient à vaincre leur apathie naturelle, qui les porte à ne pas travailler au delà de ce qui peut leur procurer le nécessaire de la vie. Il est vrai qu’il faudrait, pour activer leur ambition, une population plus nombreuse et des débouchés plus étendus.
Jusqu’à 1850, Santa -Cruz était un lieu très -sain; mais on a remarqué que, depuis cette époque, des maladies, jusqu’alors inconnues, commençaient a sevir contre les habitans. Les fievres intermittentes se sont maintenant emparées du bourg.' Quelques personnes ' ont cru quelles provenaient de l’introduction d’arbres propres aux vallées chaudes ; mais d’après mes observations sur la province de Yalle grande1 2, je pense que ce changement a pour cause le déboisement produit par les incendies annuels que les habitants ont l’habitude de pratiquer, dans l’intention de renouveler l’herbe des plaines et des collines. Il est au moins bien certain que beaucoup de lieux naguère très-sains, sont envahis aujourd’hui par ce fléau destructeur, qui gagne à mesure que le déboisement s’étend. 3
Aten. Ce bourg, ancienne mission des franciscains, est situé au milieu
1. Cest 1 opinion d’un des auteurs des notes manuscrites que je possède sur la province.