‹ Voyage dans l'Amérique méridionale (volume 2)Chapitre 208 sur 240 · Tumu · texte numérisé non relu

Tumu

i-paza , en tacana, signifie pierre blanche.

1833. 885 âmes, se trouve, quant aux produits agricoles et autres, absolument dans les mêmes circonstances que San- José.

Les Indiens, tous de la nation tacana, de couleur blanc pâle, sont bien faits, gracieux de tournure; leur figure est régulière; leurs cheveux, très-fins, sont noirs. Leur physionomie est agréable et gaie, et tout annonce chez eux de l’enjouement. Ils sont très -sobres. Leur vêtement consiste en une tunique de tissu de laine, qui tombe jusqu’aux genoux; cette tunique n’a que des demi-manches; de plus ils vont pieds nus et ne se couvrent jamais la tête. Les femmes, toujours très-propres, aiment beaucoup la toilette, et veulent, à cet égard, renchérir sur la nature. A cet effet, elles portent, dès leur jeunesse, afin de se façonner les bras et les jambes, plusieurs bracelets et des jarretières de tissus de coton, dans le but de modifier ieurs formes en les perfectionnant. Elles s’ornent le cou de faux corail, et se montrent sous ce rapport tellement insatiables, que, s’il était possible, elles se couvriraient d’un magasin de bijoux. Elles portent également une tunique de tissu de coton sans manches, quelles nomment clapi. Cette tunique, blanche, bleue ou rouge, elles la remplacent, lorsqu’elles le peuvent, par de l’indienne à grands ramages de couleur rouge. Elles vont les pieds nus comme les hommes. Du reste, tout l’avoir d’une famille consiste dans sa maison, ses ustensiles de cuisine, ses instruments de chasse, tels que les arcs et Ses flèches, deux ou trois tuniques, autant de dapis, et deux ou trois couvertures, dont ils s’enveloppent sur le sol.

Leurs terres sont très-productives , mais le manque de commerce fait qu’ils ne cultivent qu’autant que le demande leur existence. Ils ne connaissent pas l’argent monnayé1, qu’ils remplacent jusqu’à présent par leurs produits, en pourvoyant par échange à leurs besoins. Leur excellent cacao, aujourd’hui partout sauvage chez eux, est assez abondant pour fournir à la consommation des plus grandes villes. Les Espagnols croient que, d’abord planté, il a été ainsi répandu dans les bois par les singes. Quoi qu’il en soit, il couvre actuellement des surfaces immenses, et l’on pourrait s’en procurer des quantités considérables, sans autre peine que celle de le récolter. Cette abondance ne fait qu’augmenter par l’extension que prennent les cacaotiers , et cependant les indigènes se contentent de recueillir le nécessaire pour payer leur contribution personnelle de chaque année, qui est de six livres de cacao en grain, de huit pour la ration du curé, et de dix à quinze pour se procurer

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