CHAPITRE XLÏII
Départ de Bolivia. — Voyage par mer d’ Arica à Islay et à Lima , sur la cote du Pérou. — Retour en Europe par Valparaiso et le cap Horn.
§. 1 .er Départ de Bolivia. — Voy ape par mer d’ Arica h Islay et à Lima,
sur la cote du Pérou.
De retour à la Paz, je ne perdis pas un instant. Je m’occupai, sans relâche, de terminer mes préparatifs de départ, d’autant plus considérables que j’étais entouré de toutes les collections que j’avais formées depuis trois ans. Malgré mes efforts, le manque de moyens de transport me contraignit d’attendre l’arrivée d’une troupe de mules de Tacna. Je pus alors faire mes adieux aux bons Pásenos qui m’avaient si bien accueillis. A la fin de Juin je repassai, pour la dernière fois, la Cordillère, par la route que j’avais suivie en 1850, lorsque je me rendis de Tacna à la Paz1, et j’abandonnai pour toujours la Solivia, 27 Juin, après l’avoir parcourue en tous sens pendant plus de trois années. Je remportais de cette belle et riche partie du continent américain non-seulement une immense quantité de matériaux de toute espèce, propres à la faire connaître sous ses differens points de vue, mais encore la plus vive reconnaissance envers son gouvernement et ses habitants, dont je n’avais jamais reçu que de bons offices et les marques d’estime et d’hospitalité les plus délicates.
Un spectacle admirable frappa mes regards au sommet de la Cordillère. Cor- Par les belles nuits de ces hautes régions de l’atmosphère, sur le ciel le plus pur du monde, je pus admirer, tout à mon aise, de mon observatoire, élevé de 4500 mètres au-dessus des océans, une éclipse totale de lune, dont toutes les phases furent on ne peut mieux marquées. Lorsqu’on n’a vu ces phénomènes de la nature que de nos pays brumeux d’Europe, oh le ciel est constamment chargé de vapeurs, on ne peut s’imaginer combien ils se montrent differens au sommet des Andes, où, pendant neuf mois de l’année, aucun nuage ne paraît à l’horizon, tandis que les astres s’y détachent, pendant la nuit, sur