‹ Voyage dans l'Amérique méridionale (volume 2)Chapitre 222 sur 240 · On en compte plus de soixante · texte numérisé non relu

On en compte plus de soixante

2. Aucune ville d’Amérique ne peut être comparée à Lima pour le prix élevé des objets de première nécessité. On y dépense considérablement à l’hôtel, et tout y est d’une cherté fabuleuse.

j’employais ma journée à draguer le fond de la mer, accompagné de M. Fontaine, médecin du Griffon, ou je gravissais les sables mouvans de l’île de San-Lorenzo, afin d’atteindre les sommités. Là, des nuages s’arrêtant quelquefois y font pousser, dans le sable, quelques plantes, parmi lesquelles je recueillis une solanée bulbeuse, dont la racine est, comme la pomme de terre, mangeable et d’un assez bon goût. D’autres fois je poursuivais, sur les rochers, les troupes d’oiseaux de rivage, et surtout ces taciturnes pélicans, qui passent une partie du jour immobiles, le bec reployé sur le cou, dans le repos le plus complet.

§• 2. Retour en Europe par Valparaiso et par le cap Horn.

Le 3 Septembre toutes les affaires commerciales du Philanthrope étant terminées, nous mîmes à la voile et perdîmes bientôt de vue le Pérou. Long-temps les navires espagnols naviguèrent seulement sur la côte. Le vent, favorable pour se rendre de Valparaiso à Lima, devient contraire pour retourner, et quand on serre la côte, on met trois mois à cette traversée, qui, en sens contraire, s’accomplit en douze jours. Un capitaine espagnol prit le premier le large ; ayant trouvé des vents variables , il se rendit au Chili en moins d’un mois. Depuis cette époque on s’éloigne toujours de cent lieues du continent, pour aller de Lima au Chili. Nous prîmes cette route, et après vingt et quelques jours d’une navigation fort douce, par une mer magnifique, nous touchions au Chili.

Je vis d’abord les îles de Juan-Fernandez, couvertes de végétation, et deux jours après, je descendais à Valparaiso. Trois années d’absence avaient changé pour moi l’aspect de cette ville1. Depuis mon passage, on y avait construit un vaste bâtiment pour l’administration des douanes, et un débarcadère en bois, destiné à faciliter le débarquement des canots, remplaçait la plage sablonneuse sur laquelle autrefois il fallait s’échouer, malgré la vague. Je revis avec intérêt les lieux que j’avais si souvent parcourus , et je fis de nouvelles recherches; mais, comme je n’étais au Chili qu’en passant, il me tardait trop d’en partir pour y trouver le moindre plaisir. Enfin le 18 Octobre j’abandonnai cette république, et je commençai ma traversée. Je fis mes derniers adieux aux côtes américaines , non sans éprouver un moment de tristesse, a la pensée que je ne les reverrais plus. J’avais été si favorisé,

Callao ( Pérou).

3 Sept.

27 Sept.

18 Oetob.

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