‹ Voyage dans l'Amérique méridionale (volume 2)Chapitre 25 sur 240 · III. 1 <re partie · texte numérisé non relu

III. 1 <re partie

1832. avec scs troupes d’élite. A Chiquitos on se contenta de signifier le decret v . aux religieux, qui abandonnèrent leurs possessions pour n’y plus revenir.

tos.

Quatrième Époque : Depuis l’expulsion des Jésuites en 1767 jusquà nos jours.

Les jésuites expulsés, il fallut les remplacer. On mit au Paraguay des frères de l’ordre des mendians , et des administrateurs séculiers. Pour Chiquitos, l’audience de Charcas nomma un gouverneur, et l’évêque de Santa- Cruz, D. Francisco Ramon de Herboso, fit, le \ 5 Septembre \ 7(38', un réglement par lequel un curé pris, à ce qu’il paraît, dans l’ordre des mendicantes (mendians)1 2, devait remplacer les jésuites de chaque mission. Ces curés, privés de toute instruction préalable spéciale, et ne sachant pas la langue du pays, ne changèrent rien à l’ordre établi; seulement, comme ils étaient éloignés du controle des gouverneurs , ils exploitèrent les missions pour leur propre compte, en profitant de la liberté de commerce consacrée par le réglement. Les choses restèrent ainsi jusqu’en \ 789 3, époque où le gouverneur de Moxos, Don Lazaro Ribera , fit connaître à l’audience de Charcas les abus introduits par les curés, qui non-seulement avaient laissé les arts, l’industrie s’arriérer dans la province, mais encore avaient fait avec le Rrésil le trafic des vases sacrés et celui des bestiaux4. Ce gouverneur proposa la liberté des Indiens, fortement appuyée par Yiedma; mais l’auditeur de l’audience5 la refusa, en disant que les Indiens ne pouvaient se conduire eux-mêmes. Alors on plaça dans chaque mission , comme au Paraguay , un séculier chargé de l’administration, et l’on défendit, sous les peines les plus sévères, les relations des Indiens avec les commerçans de Santa-Cruz.6

Un gouverneur, capitaine de vaisseau de la marine espagnole, son secrétaire, avec le titre d’administrateur général, et un vicaire général pour le

1. Le manuscrit de Yiedma, queje possède, porte 1762, ainsi que I imprimé (p. 140, Colección

de obras , t. 3); mais comme plus loin il donne 22 ans de durée à la gestion des curés, remplacée en 1789 par les administrateurs, il est facile de reconnaître l’erreur. D ailleurs les jésuites , expulsés

en 1767, ne pouvaient donner lieu en 1762 au réglement destiné à remplacer leur mode d admi-

nistration.

Page 1