‹ Voyage dans l'Amérique méridionale (volume 2)Chapitre 34 sur 240 · IN · texte numérisé non relu

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Température ; salubrité.

La position de la province, située entre les 14.e et 2î.e degré de latitude sud, c’est-à-dire en dedans des tropiques, n’offre pas à beaucoup près une température aussi chaude qu’on pourrait le croire. Son élévation au-dessus du niveau de la mer , comme point de partage entre la Plata et l’Amazone , en fait un pays infiniment plus tempéré qu’on ne devrait s’y attendre, des brises fréquentes y amenant souvent une fraîcheur salutaire. On ressent surtout l’impression de la chaleur à l’époque des sécheresses, mais les pluies la modifient beaucoup. Les missions de San-José, de Santo -Corazón sont les plus chaudes, tandis que Santiago, Santa-Ana et San-Xavier, sont relativement plus tempérées.

On y peut diviser l’année en deux saisons distinctes : la saison des sécheresses et la saison des pluies. Il pleut très-rarement de Juin en Octobre, et même il ne pleut pas du tout pendant les mois d’Aout et de Septembre. Alors les campagnes sont très -sèches et les arbres se dépouillent de leurs feuilles. S’il doit pleuvoir, le temps se charge au sud et au sud-ouest, vers le soir; le tonnerre gronde dans la nuit, et le vent de sud le plus fort arrive avec des orages violens. Cette pluie dure peu; mais le vent règne deux à trois jours, en abaissant considérablement la température. La saison des pluies commence en Novembre ou Décembre, et dure jusqu’en Mars; alors des pluies torrentielles tombent presque journellement et inondent bientôt les parties basses, en interrompant une partie des communications.

Les vents régnans viennent du nord ou du nord - est ; ce sont les plus chauds. Ils amènent du grand bassin de l’Amazone beaucoup de nuages qui s’accumulent au sud plus ou moins long-temps jusqu’à ce que l’orage éclate. Quelquefois le vent est à l’est; il est alors aussi chaud que celui du nord. Le vent d’ouest ne règne jamais, sans doute par suite de la hauteur des Cordillères, qu’il ne peut franchir.

En voyant l’eau d’immenses marais s’évaporer tous les ans lors de la saison sèche, on pourrait croire que l’air se corrompt dans ces parties et cause de nombreuses maladies; mais il n’en est pas ainsi. Ces marais sèchent sans se putréfier, et je n’ai jamais entendu parler de fièvres intermittentes sur aucun point de la province; ce qui est d’autant plus étrange qu’à Mato- Grosso sévissent des fièvres endémiques des plus pernicieuses. A Chiquitos il n’y a , nulle part , de maladies régnantes. Les habitans y meurent de vieil-

1832. fesse ou d’accidens, à moins que leur imprudence ne les rende victimes des Chiqui- épidémies de petite vérole. 1

tos.

Produits industriels.

Les jésuites avaient peuplé la province de nombreux troupeaux, destinés à subvenir aux besoins des habitans et à fournir des cuirs tannés aux diverses branches de l’industrie. On comptait, immédiatement après leur expulsion, sous le gouvernement espagnol, jusqu’à soixante ou quatre-vingts mille têtes de bétail et un très-grand nombre de chevaux pour les transports et pour les travaux de la campagne. Après les guerres de l’indépendance , en 1825, l’effectif des troupeaux était réduit aux nombres exprimés dans le tableau suivant.

ANNÉES

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