Tome I.er, page
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En hiver la plupart des arbres perdent leurs feuilles, et pendant le repos 1^32. général de la nature, les palmiers et quelques autres végétaux privilégiés CW(jli viennent seuls égayer la campagne; mais au mois d’Octobre les premières tospluies amènent une métamorphose complète1. Tout change d’aspect. Les arbres se parent de fleurs brillantes ou de feuillage d’une verdure tendre ; la plaine s’émaille de toutes les couleurs , et rien n’égale la beauté de ces riches régions , où tout est contraste, où tout est magnifique d’ensemble et de détails. La multiplicité des bois de construction et la richesse de leurs couleurs sont trèsremarquables. Les lapachos ; les plus beaux cèdres peuvent donner partout des bois de charpente d’une grande dimension, et le cuchi , le laurel (laurier), etc., des bois jaunes, rouges, violets, les plus propres à l’ébénisterie et le placage des meubles. D’autres bois donnent aussi les couleurs jaune et rouge les plus vives, et offriraient des produits avantageux pour la teinture des étoffes.
Les palmiers sont très-répandus et très-variés à Chiquitos : leurs divers feuillages présentent les contrastes les plus gracieux, tout en rendant les plus grands services à la société. Quelques-uns, comme le cucich, le total , le motacu et le carondaï , forment des bois immenses; les autres croissent isolément. Les feuilles du motacu, du sumuqué, du totaï servent à couvrir les cabanes des indigènes. Le tronc du carondaï s’employe à faire des tuiles pour couvrir des toits encore plus durables; les feuilles de la plupart se tressent en chapeaux des plus fins. La dureté du bois de la chonta le rend très-utile à l’industrie, puisque les Indiens actuels en font l’extrémité de leurs flèches, en fabriquent leurs arcs, leurs armes offensives et des outils de culture. Le marajahu des lieux inondés, le totaï et plusieurs autres donnent un fruit très-agréable; le motacu, le totaï, et surtout le cucich, présente un immense avantage par l’huile que renferme leur coco. La palma real fournit par la fermentation une liqueur très-agréable, tandis que le totaï devient une ressource dans les temps de famine , son tronc pouvant donner un pain nourrissant, une liqueur fermentée de bon goût, et son cœur, ainsi que celui du motacu, étant susceptible de se manger cuit ou cru. 2