‹ Voyage dans l'Amérique méridionale (volume 2)Chapitre 50 sur 240 · C’est l’espèce que j’ai nommée Inia bol'wiensis · texte numérisé non relu

C’est l’espèce que j’ai nommée Inia bol'wiensis

1832. Le lendemain était un dimanche, et de plus on célébrait la paix avec le Pérou. J’en profitai pour juger de la population, alors composée de 2/21 Crio7' âmes? appartenant à la seule nation Baures ouBauros ’. D’une taille moyenne, Moms, les indigènes ont une tournure aisée et des traits assez réguliers. Les femmes 12 Fe'r portent, comme à Chiquitos, le tipoï2, qui est seulement d’un tissu plus lin, sans’ ornemens; quelques-unes en avaient de burlesquement peints de noir. Toutes, à l’église, laissent flotter leurs cheveux bien imbibés d’huile de cocos, afin de les rendre lisses. Ce soin de toilette répand une forte odeur à laquelle on a besoin de s’habituer. Pour les Indiens, ils font usage tous les jours d’une chemise sans manches, d’écorce d f ficus ou d’une espèce de mûrier, sur laquelle ils peignent en couleurs des carreaux réguliers5. Le dimanche ils revêtent le même tipoï de tissus que les femmes et laissent tomber leurs cheveux comme elles, de sorte qu’il est très - difficile de les distinguer, la barbe leur manquant toujours.

On exécuta une grand’messe italienne, qui me parut moins bien chantée qu’à Chiquitos, tandis queje fus, au contraire, plus frappé de la musique instrumentale, remplie d’harmonie, oh je dus admirer surtout les basses formées par un instrument propre aux indigènes, espèce de flûte de Pan longue d’un à deux mètres, faite de feuilles de palmiers attachées ensemble de manière à former treize tubes de longueur et de diamètre différens, dont neuf sont sur une ligne pour les notes, et quatre sur une autre pour les demitons4. Les Indiens ne tiennent pas cet instrument verticalement comme la flûte de Pan ordinaire ; ils le placent horizontalement et en tirent des sons en serrant les lèvres comme pour les trompettes; mais comme il serait difficile au musicien de le soutenir, un enfant porte toujours l’extrémité. Les notes basses qu’on en tire sont réellement d’une beauté extraordinaire, et je ne pouvais me lasser de les entendre.

Après la messe, des Indiens, parés d’une espèce d’auréole de plumes de couleur sur la tête, de grelots au bas des jambes, et portant un grand sabre de bois à la main, commencèrent, au son du tambour, une espèce de danse religieuse et guerrière très-monotone, après laquelle plus de soixante autres, tous munis de flûtes de Pan dans tous les tons , depuis les notes les plus

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