Voyez planche de Costumes, n
4. J’ai rapporté ces inslrumens en France, mais ils se sont tellement détériorés, qu on ne peut maintenant en tirer aucun son.
aiguës jusqu’aux plus basses, accompagnés de flûtes et de tambour, sortirent »832. de la maison d’un juge, se placèrent sur deux lignes et se mirent à exécuter Concqi une musique singulière, en marchant en mesure, à pas lents, sur le côté.1 cij)n Chacun des musiciens ne produisait qu’un nombre de notes très-limité, et Moxos. pourtant l’ensemble de ces accords, tout-à-fait sauvages, avait quelquefois beaucoup d’harmonie. Cette troupe s’arrêta aux quatre coins de la place, pour prier aux petites chapelles. Le soir il y eut un bal, où les jeunes Indiens et Indiennes vinrent danser des contre-danses espagnoles. Les femmes avaient des tipoïs d’indienne attachés à la ceinture par un mouchoir de couleur. On n’exécuta du reste aucune danse nationale qui pût m’intéresser.
Retenu à Concepcion par des pluies torrentielles , pour ainsi dire non interrompues, je tâchai d’y mettre mon séjour à profit. Je scrutai les archives, je levai le plan de la mission1 2, je parcourus les environs autant que possible, et pris des renseignemens nombreux auprès du curé, de l’administrateur et des interprètes, que je faisais venir tous les jours à cet effet. Je trouvai une grammaire baure, écrite par les jésuites; j’en fis faire une copie, et je pris moi-même un court vocabulaire de la langue des indigènes.
Je visitai avec grand plaisir les champs de culture de la mission. Les plantations de cacaotiers sont réellement admirables par la vigueur de leur végétation. Elles montraient alors les fruits en maturité sur le tronc et les grosses branches de l’arbre, mais jamais à l’extrémité des branches. Ce fruit renferme, autour des amandes, une pulpe blanche d’un goût à la fois aigrelet et sucré, que je trouvai très-agréable. J’admirai les magnifiques champs de coton, de maïs, de riz, de manioc, etc., et m’éloignai même pour voir les champs des Indiens. Dans une de ces promenades j’entrai, près de la mission, dans la petite rivière appelée Rio Negro ; j’en suivis le cours en pirogue , et fus amplement dédommagé de ma peine par la découverte d’une nouvelle espèce de palmiers , dont les feuilles , terminées par des espèces de crocs , s’attachent aux branches des buissons et permettent à la plante de s’y soutenir. Je la dessinai avec soin 3. Dans une autre partie je me trouvai au milieu de colonies d’hoazins, oiseaux singuliers, tenant à la fois du faisan et des oiseaux de rivage. Us avaient fait leurs nids avec de petites bûchettes sur les buissons, au-dessus des eaux, et je pus recueillir à la fois les oeufs et l’oiseau.