Voyez tome III, p
franchi la distance en quatre heures. Les Baures sont cités parmi les bons m2, rameurs de la province. M la
lena
de
Mission de Santa- Magdalena de Moxos. Moxos.
J’atteignis enfin le port. Une jetée de cinq cents mètres de longueur me conduisit à la mission, où je fus parfaitement accueilli par l’administrateur et sa famille, composée de sa femme et de ses filles. C’étaient les premières femmes blanches que je rencontrais depuis mon départ de Santa-Cruz de la Sierra, c’est-à-dire depuis neuf mois. Les environs étant tous inondés, et les pluies torrentielles continuant toujours avec plus de violence, je ne pus m’occuper que de recherches statistiques ou linguistiques, tout en étudiant en détail la mission.
Santa-Magdalena fut fondée par les jésuites peu après 1700, avec la nation itonama, parlant une langue tout à fait distincte des autres langues de la province. Elle s’accrut tellement sous les jésuites, qu’en 1792 le gouverneur Zamora la fit diviser, et le surplus de sa population servit à l’établissement, près du Rio Machupo, d’un autre village, qu’on nomma San-Ramon, et distant de vingt lieues à l’ouest. La mission, située sur la rive gauche du Rio Itonama, est circonscrite de plaines inondées à la saison des pluies, et forme alors un îlot de trois kilomètres environ de longueur, dans la direction du nord-nord-est. Le village est placé à l’extrémité sud de cette partie exempte d’inondation, qui 11’a pourtant pas plus d’un ou deux mètres d’élévation au-dessus des lieux inondés. Il est on ne peut mieux distribué. Son église, très-vaste, construite dans le goût gothique, est très-remarquable par ses sculptures en bois. C’est le style le plus fleuri du moyen âge. Le collège, carré, surmonté d’un étage, est divisé en très-grandes salles, plus belles que commodes. Le reste est absolument semblable aux autres missions, principalement à Concepcion de Baures.
Sa population, de 2781 âmes en 1852, se compose seulement d’indiens itonamas, dont la langue gutturale se rapproche, par l’extrême dureté de ses sons, de l’aymara et du quichua, bien qu’elle soit très-différente. Leur taille est assez élevée; leurs jambes amaigries ne les empêchent pas d’être les plus actifs de la province. Ils sont généralement bons; mais ils ont la réputation d’être les plus déterminés voleurs, ce qu’on pourrait expliquer par leur plus grande misère. Je n’ai pourtant jamais eu personnellement à m’en plaindre. Us sont dociles jusqu’à la servilité envers les blancs, qu’ils détestent néanmoins non sans quelques raisons. Leur costume est celui des Baures,